Implanté depuis le XVIIᵉ siècle au pied de la Soufrière, le rhum Bologne fait partie intégrante de l’histoire économique et culturelle de la Guadeloupe.
Issu d’une ancienne habitation sucrière fondée par la famille Bologne, d’origine hollandaise, il est aujourd’hui l’un des plus anciens rhums agricoles encore produits sur l’île.
Alliant tradition et modernité, la distillerie Bologne a su préserver l’authenticité de son savoir-faire tout en valorisant les richesses de son terroir volcanique, notamment à travers la fameuse canne noire, devenue l’emblème de la maison.
ALI TUR (1889–1977)
Figure emblématique de la modernisation architecturale des Antilles, Ali Tur est l’homme qui, après le cyclone dévastateur de 1928, rebâtit la Guadeloupe pierres par pierres.
Architecte visionnaire formé à Paris, il conçoit plus de 150 bâtiments publics – mairies, églises, écoles, hôpitaux, palais – en introduisant pour la première fois le béton armé dans les Caraïbes françaises.
Son œuvre, à la croisée de la rigueur européenne et du génie tropical, incarne une nouvelle identité architecturale antillaise, fonctionnelle, lumineuse et résistante aux cyclones.
Un siècle plus tard, ses constructions demeurent le symbole d’une Guadeloupe résiliente et moderne.
LE PONT DE LA GABARRE
Le Pont de la Gabarre demeure un symbole fort du génie local.
Sous la houlette de Louis Douldat, il a relié deux terres, deux peuples et deux époques.
Son histoire continue de rappeler que la modernité guadeloupéenne s’est bâtie sur le savoir, le courage et la vision d’hommes d’exception.
RHUM PERE LABAT
Né du souffle des moulins et du feu du cuivre, le rhum Père Labat incarne l’âme de Marie-Galante.
Issu de la distillerie Poisson, fondée en 1916, il perpétue un savoir-faire ancestral : celui du rhum agricole, pur jus de canne, symbole d’histoire, de tradition et de fierté créole.
Rémy Nainsouta
Rémy Nainsouta fut l’un de ces hommes rares dont la pensée a précédé son temps.
Vétérinaire de formation, intellectuel humaniste et responsable politique profondément enraciné dans sa terre natale, il incarne une Guadeloupe qui réfléchit, qui agit et qui se projette.
A une époque où les Antilles demeuraient enfermées dans des logiques de dépendance économique et de hiérarchies héritées de l’esclavage, il osa affirmer une idée alors audacieuse : le véritable moteur du développement réside dans l’homme lui-même, dans son éducation, sa culture et sa capacité à créer.
Christian LARA (1939–2023)
Père du cinéma caribéen, Christian Lara a ouvert la voie à un art antillais libre et audacieux.
Visionnaire, il a donné aux Antilles leur miroir, en filmant leurs réalités, leurs combats et leurs rêves.
Plus qu’un cinéaste, il est un passeur de mémoire et un bâtisseur d’images.
Sully Moïse LARA (1867–1950)
Romancier et chroniqueur guadeloupéen, Sully-Moïse Lara a donné une voix littéraire à la dynastie familiale.
A travers ses récits et ses chroniques, il a su capter l’âme créole, entre mémoire, imaginaire et critique sociale.
Sa plume, héritée de l’engagement paternel et fraternel, a enrichi le patrimoine culturel des Antilles.
Oruno LARA (1879–1924)
Poète, écrivain et premier historien noir de Guadeloupe, Oruno Lara a marqué son temps par la force de sa plume et la profondeur de sa pensée.
Rescapé de la Première Guerre mondiale, il a transformé ses blessures en savoir et a offert aux Antilles une Histoire écrite par l’un des leurs. Par son œuvre, il a ouvert la voie à la mémoire collective et à la fierté caribéenne.
Oruno Denis LARA (1934-2022)
Grand historien guadeloupéen et figure du panafricanisme, Oruno D. Lara a consacré sa vie à écrire et transmettre l’histoire des Caraïbes.
Chercheur infatigable, professeur et auteur prolifique, il a porté la voix des peuples esclavagés et colonisés sur la scène internationale.
Collaborateur de l’UNESCO, il a fait de la mémoire un outil d’émancipation et de dignité.
Bettino Lara (1903- 2002)
Figure discrète mais essentielle de la dynastie Lara, Bettino Lara (1903-2002) fut imprimeur, directeur de l’imprimerie familiale et gardien du patrimoine écrit de la Guadeloupe.
Conservateur attentif, homme de presse et passeur de mémoire, il a accompagné un siècle d’histoire intellectuelle caribéenne. Sa disparition à l’âge de 99 ans laisse l’image d’un héritier fidèle à l’engagement des siens et d’un artisan de la transmission culturelle.
MOISE LARA
Né esclave en 1822 en Guadeloupe et affranchi en 1843, Moïse Lara incarne un remarquable parcours d’émancipation et d’engagement.
D’abord cuisinier, puis charpentier à Pointe-à-Pitre, il s’impose progressivement dans la vie politique et journalistique guadeloupéenne, participant notamment à la création du journal Le Progrès en 1849.
Défenseur de la liberté et de la dignité, il est à l’origine d’une lignée d’écrivains, de journalistes et d’intellectuels qui marqueront durablement l’histoire culturelle de la Guadeloupe
LA FAMILLE LARA
La famille Lara n’est pas une famille comme les autres : c’est une véritable dynastie guadeloupéenne où chaque génération a laissé son empreinte dans l’histoire.
De Moïse, ancien esclave affranchi devenu imprimeur et journaliste, à Christian, père du cinéma caribéen, en passant par Hildevert, Oruno, Sully, Bettino et Oruno D., les Lara ont bâti une œuvre collective faite de mots, d’images et de mémoire. Leur héritage, à la croisée de la culture, de l’histoire et de l’engagement, incarne la transmission vivante d’un peuple en quête de dignité et de reconnaissance.










