1 COMMUNE /1 HISTOIRE PETIT BOURG

Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

29 octobre 2026

Autrefois appelée Petit Cul-de-sac, Petit-Bourg est connue pour avoir été un haut lieu de marronnage et de résistances. Sa forêt sera le maquis de nombreux esclaves rebelles, en quête de liberté.

Au XVIII ème siècle, la commune est un port prospère. Peu avant la Révolution Française, elle s’oriente vers la production de café, de coton, de tabac et de cacao. Mais c’est la production de rhum qui fera sa renommée. A cette époque, pas moins de 18 habitations sucreries sont présentées sur son territoire.

Cette économie florissante permet le développement rapide du bourg. Si bien qu’en 1787, Petit-Bourg devient le siège de l’Assemblée coloniale de la Guadeloupe jusqu’au transfert de cette dernière à Basse-Terre, en 1790.

Au XIX ème siècle, la commune est une halte d’étape entre Basse-Terre et Pointe à Pitre. C’est le terminus des diligences. Les voyageurs prennent le bateau vers Pointe à Pitre, évitant ainsi les zones de mangrove.

 

 

 

 

HISTOIRE ET PATRIMOINE

D’abord appelée Paroisse de Notre-Dame du Petit-Cul-de-Sac par les autorités ecclésiastiques du XVIe siècle, le nom se raccourcit en Petit-Bourg au XIXe siècle. Un nom qui doit se comprendre par opposition avec le Grand-Bourg, Basse-Terre, qui fut longtemps considérée comme une grande rivale.

Petit-Bourg est connu pour avoir été un haut lieu de marronage et de résistances. Sa forêt fut le maquis de nombreux esclaves rebelles, épris de liberté.

Au milieu du XVIIe siècle, on trouvait dans cette paroisse, l’une des plus belles habitations de l’Ile : l’habitation « Arnouville », appartenant au sieur de ROCHEFORT, grand ami du Père LABAT. Cette habitation avait été érigée en fief par HOUËL, le 8 janvier 1664. L’un des démembrements de cette vaste propriété forma, en 1780, l’habitation « Versailles ».

Peu avant la Révolution Française, le quartier se tourna vers l’agriculture et compta alors dix-huit sucreries, une cotonnerie, neuf caféières, trois cacaoyères et quelques habitations vivrières. Le développement du bourg se fit donc rapidement et en 1787, Petit-Bourg devint le siège de l’Assemblée coloniale de la Guadeloupe, définitivement transféré, en 1790, à Basse-Terre.

En septembre 1794, la Pointe-à-Bacchus fut le lieu d’une importante bataille entre les troupes républicaines du général Mathieu PELARDY et les troupes Page 110 sur 210

anglaises qui occupaient la Guadeloupe depuis le 20 avril 1794. À la suite la victoire des républicains, les royalistes alliés des Britanniques furent exécutés.

Le XIXe siècle se caractérise par l’activité agricole de la commune qui devient aussi un lieu de passage incontournable comme terminus des diligences circulant entre Basse-Terre et Pointe à Pitre. Les voyageurs prennent le bateau vers Pointe-à-Pitre, évitant ainsi les zones de mangrove.

Au début du XIXe siècle, de nombreuses révoltes éclatent dans les ateliers des habitations et sont sévèrement réprimées. La place « Gertrude » a été construite en l’honneur d’une esclave noire qui fut accusée d’empoisonnement et condamnée à être pendue et brûlée en 1822 sur la place de l’église.

 

 

La statue de la Place Gertrude

En 1837, le quartier de Petit-Bourg accéda au statut de commune. Lors des premières élections du 7 décembre 1837, le major N. DE ROZIERES fut nommé par le gouverneur de la Guadeloupe dans les jours qui suivirent, puis installé dans sa fonction d’édile au 1er janvier 1838.

 

La mairie de Petit-Bourg, oeuvre de l’architecte Ali TUR Page 111 sur 210

La commune compta 45 victimes parmi le contingent guadeloupéen de la première guerre mondiale. Un monument du Bourg rend hommage à leur sacrifice.

 

Le Monument aux Morts

S’il faut en croire une tradition locale, l’église primitive se trouvait dans « le haut du bourg », près de la source, non loin du cimetière actuel. La seconde église fut édifiée à l’emplacement occupé par la troisième. En sortant de l’église, par la chapelle de gauche, on n’avait qu’à traverser le chemin qui montait au presbytère, pour entrer dans l’ancien cimetière.

Détruite par le cyclone de 1928, l’église Notre Dame de Bon-Port – aujourd’hui Assomption – reprend forme grâce l’architecte Ali TUR, avec son style architectural bien particulier. Inaugurée en 1932, c’est la quatrième église construite sur la commune. Son nom vient des marins demandant sa protection. Page 112 sur 210

L’église Notre-Dame de l’Assomption

Ville verte par excellence, la commune jouit d’une nature généreuse et luxuriante. Elle est traversée par de nombreuses rivières. Au Nord, la rivière du Coin qui sépare Petit-Bourg de Baie-Mahault et au Sud, la rivière de Sarcelles, frontière avec la commune de Goyave.

Sur la place de la mairie trône une célèbre et gigantesque conque de lambi conçue par l’architecte Henri LOTHER, constituée de résine polyester et de fibre de verre. La conque de lambi, au temps de l’esclavage, permettait de communiquer de colline en colline pour annoncer les grands événements de la vie : naissance, mariage, mort, mais aussi les révoltes. Aujourd’hui, la conque prévient du retour des pêcheurs et donne le signal de la récolte des ignames, une des spécialités, avec l’ananas bouteille, de Petit-Bourg.

 

La conque de lambi sur la place de la Mairie Page 113 sur 210

De nombreux touristes viennent chaque année, découvrir les lieux de culture de la commune.

Créés en 1990, entre mer et montagne, les jardins de Vallombreuse constituent le plus grand parc floral de la Guadeloupe. Sur ses 5 hectares, le site propose aussi bien aux enfants qu’aux adultes un parcours en pleine nature, au coeur de la forêt tropicale. Au milieu des centaines d’arbustes et des fleurs se cache une cascade naturelle de 10 mètres de haut où il est autorisé de se baigner. Il offre également de nombreuses activités pour les enfants comme des jeux aquatiques, de l’accrobranche et du trampoline.

 

La cascade des Jardins de Vallombreuse.

La Cascade aux écrevisses, la rivière Corossol ou encore le Saut de la Lézarde et les nombreux lieux d’excursions attirent les visiteurs, amoureux de la nature.

Côté mer, la très belle plage de Viard, au sable volcanique bordée de cocotiers, de raisiniers et d’amandiers, est aussi un agréable lieu de villégiature. Des loisirs nautiques et des activités sont proposés par le centre de voile, dont le dynamisme et les initiatives sont reconnus sur le plan régional.

La distillerie Montebello, d’abord connue sous le nom de la distillerie Carrère en 1930, elle produit sous la marque Montebello des rhums blancs, vieux et différentes sortes de liqueurs et punchs. C’est en 1968, que Jean MARSOLLE et son fils Alain reprennent la distillerie. En 1975, la distillerie est rebaptisée « Montebello ». En quelques années, elle devient un des principaux producteurs de rhum de Guadeloupe et produit 500 000 litres de rhum par an. Il est possible de visiter l’usine et de participer à une dégustation pendant la période de production.

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