Née en Guadeloupe en 1943, Maddly Bamy a mené une vie d’artiste entre la danse, le cinéma et l’écriture. Des Claudettes de Claude François au voyage vers les Marquises avec Jacques Brel, son parcours a croisé plusieurs figures de la culture française. Elle a ensuite consacré une part importante de son œuvre à la mémoire du chanteur.
De Pointe-à-Pitre à la région parisienne
Maddly Bamy naît en 1943 à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, au sein d’une fratrie de cinq enfants. Encore enfant, elle rejoint avec sa famille la région parisienne. Son frère Érick deviendra chanteur de soul et collaborateur de Johnny Hallyday. Elle, de son côté, s’oriente vers la danse et la comédie, deux passions qui lui ouvriront les portes des plateaux et des grandes scènes.
1968-1969 : l’aventure des Claudettes
À la fin des années 1960, Maddly Bamy rejoint les Claudettes, les danseuses qui accompagnent Claude François à la télévision et sur scène. La danse, la précision des chorégraphies et l’énergie collective constituent alors une véritable école du spectacle. Une photographie d’archive prise à Milan en 1969 la montre dans l’entourage du chanteur, aux côtés notamment de sa sœur Nelly.
Le cinéma et la rencontre avec de grands interprètes
Parallèlement à la danse, Maddly Bamy apparaît au cinéma et à la télévision. Elle participe notamment à La Piscine (1969) et à L’aventure c’est l’aventure, film de Claude Lelouch sorti en 1972. Cette présence sur les plateaux inscrit son itinéraire dans une période foisonnante du cinéma français, tout en lui permettant d’affirmer son identité d’artiste au-delà de la danse.
1971 : la rencontre avec Jacques Brel
En 1971, sur le tournage de L’aventure c’est l’aventure, Maddly Bamy rencontre Jacques Brel. Leur relation donne un nouveau cours à son existence. Elle devient la compagne du chanteur belge, partage ses projets et l’accompagne dans une période où il s’éloigne progressivement du monde du spectacle pour rechercher une vie tournée vers le voyage.
Juillet 1974 : le départ à bord de l’Askoy II
En juillet 1974, le couple embarque sur le voilier Askoy II pour un long périple. Le voyage les conduit jusqu’aux îles Marquises, en Polynésie française. Ils s’installent notamment à Hiva Oa, loin des grandes scènes européennes. Pour Maddly Bamy, cette aventure maritime et insulaire constitue l’un des chapitres déterminants de sa vie.
9 octobre 1978 : préserver la mémoire de Brel
Jacques Brel meurt le 9 octobre 1978, à 49 ans. Maddly Bamy poursuit dès lors un travail de transmission consacré à leur expérience commune et à la mémoire du chanteur. Son témoignage contribue à documenter les dernières années de Brel, le séjour aux Marquises et la place du voyage dans son histoire personnelle.
1999-2009 : une œuvre littéraire personnelle
En 1999 paraît Tu leur diras, ouvrage de souvenirs publié chez Fixot. En 2003, elle cosigne avec son frère Érick Deux enfants du soleil pour deux monstres sacrés, qui réunit leurs expériences auprès de Jacques Brel et Johnny Hallyday. Elle publie également La force d’aimer en 2009, texte qui explore sa réflexion spirituelle. Ces livres dessinent une œuvre de témoignage, de mémoire et de recherche personnelle.
Une artiste guadeloupéenne, au-delà d’une histoire d’amour
Réduire Maddly Bamy à son lien avec Jacques Brel effacerait une partie de son parcours : elle fut danseuse, comédienne, autrice et témoin privilégié d’une époque. Ses origines guadeloupéennes, sa vie de scène, son expérience de l’exil familial et son attachement à la transmission donnent à sa trajectoire une place particulière dans l’histoire culturelle des Outre-mer.
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