Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

26 avril 2023

Joseph ZOBEL
(1932 – 2020)

Son enfance

Joseph Zobel est né à Petit-Bourg Rivière-Salée, dans le Sud de la Martinique, le 26 avril 1915.

Son père est chauffeur de maître, sa mère Acélia est femme de ménage et nourrice chez le béké.

Issu d’une famille très modeste, le jeune Joseph sera élevé par sa grand-mère maternelle Armantine ROCHER surnommée Man Tine, qui travaille en tant que qu’ouvrière agricole sur une plantation sucrière de Petit-Bourg.

Soutenu par Man Tine, le jeune Joseph obtient une bourse d’étude qui lui permettra de poursuivre sa scolarité jusqu’au baccalauréat.

Son diplôme en poche, il quitte alors le lycée et Petit-Bourg pour rejoindre sa mère à Fort-de-France.

Aspirant devenir architecte, il sollicite une bourse pour continuer des études mais la commission coloniale refuse sa demande ce, malgré son manque total de ressources.

Faute de moyens financiers, Joseph doit chercher un emploi.

Il trouve un poste au service des Ponts et Chaussées ce qui lui permet de se rapprocher de la vie des pêcheurs du Diamant et du Saint-Esprit bien différente du monde rural qu’il a connu jusque-là.

Son parcours

En 1940, la situation de blocus en Martinique interdit tous déplacement vers l’hexagone. Joseph travaille d’abord comme surveillant puis comme responsable d’internat au lycée Schoelcher. Il y fait alors connaissance avec Aimé Césaire qui est enseignant.

Sous le pseudonyme de Kay-Mac-Zo, Joseph écrit quelques nouvelles parlant de la réalité martiniquaise et qu’il fait lire à ses amis de service. Un de ses collègues, professeur d’éducation physique amène ses textes au journal « Le Sportif ». La publication de ceux-ci connaîtra un réel succès.

Césaire qui fait parti de ses lecteurs, l’encourage vivement à continuer d’écrire.

En 1942, Joseph s’inspire de ses rencontres avec les pêcheurs du Diamant pour écrire « Diab’- la » roman parlant de leurs difficultés.

Jugé trop engagé par ses sous-entendus, l’ouvrage, censuré par l’amiral Robert représentant du gouvernement de Vichy, paraîtra en mars 1947. Couronné de succès, il sera encensé par les békés.

Les conditions de vie dans la Martinique d’après-guerre sont difficiles. Zobel l’écrivain en quête de reconnaissance, souhaite évoluer dans sa condition.

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Au départ de l’Amiral ROBERT, Joseph ZOBEL, dont l’engagement est reconnu par les représentants de la France Libre, est recruté comme attaché de presse du Gouverneur PONTON,  envoyé du Général de GAULLE.  On lui confie  la charge de deux publications culturelles. Mais cela sera de courte durée..

Aspirant à une vie meilleure, le 29 novembre 1946, Joseph Zobel quitte la Martinique et sa famille pour Paris. Il embarque à bord du paquebot « le Colombie » laissant derrière lui femme et enfants et trouve un poste d’enseignant au lycée François 1er à Fontainebleau.

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Par la même occasion, il reprend ses études à la Sorbonne. Il suit des cours de littérature, d’art dramatique et d’ethnologie. Les premiers mois d’exil sont durs.

Grâce au succès de « Diab’- la », Zobel peut faire venir sa famille.

En novembre 1947, soit 1 an plus tard, Enny et leurs trois enfants arrivent en France à bord du Colombie. La famille réunie s’installe à Fontainebleau. Joseph gagne sa vie en écrivant des poèmes qu’il présente lors de divers festivals en France, en Suisse et en Italie.

Il fréquente aussi le salon littéraire des soeurs Nardal.

En 1950, reprenant ses souvenirs d’enfance, Joseph Zobel se met à l’écriture d’un nouveau roman, « Rue Cases Nègres ». Refusé dans un premier temps par les éditions Albin Michel, l’ouvrage sera publié par une jeune maison d’édition, Présence Africaine. 

Récompensé par le prix des lecteurs, jury composé de 1000 lecteurs de La Gazette, le roman autobiographique deviendra un grand classique de la littéraire antillaise mais pas que …

En 1954, le roman obtient le prix  Lange de l’Académie française .

30 ans plus tard, l’ouvrage prendra une nouvelle dimension lors de son adaptation au cinéma par la réalisatrice Euzhan Palcy.

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Le film obtiendra de nombreuses récompenses dont le Lion d’Argent à la Mostra de Venise en 1982 et le César du Meilleur Premier film.

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En 1957, Zobel désireux de connaitre l’Afrique est recruté par le Ministre sénégalais de l’Éducation, Amadou Matar M’bow, comme directeur du collège de Ziguinchor en Casamance. Il s’installe à Dakar où il occupera finalement la fonction de surveillant général au lycée Van Vollenhoven.  

Quelques années plus tard, Joseph Zobel devient animateur, produisant des émissions éducatives et culturelles à la Radio du Sénégal.

Ses émissions sont écoutées dans toute l’Afrique occidentale francophone. Ses anecdotes seront reprises dans plusieurs de ses ouvrages.

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En 1974, retraité le romancier revient en France et s’installe dans le village de Générarges, dans les cévennes qui lui rappelle son île natale.

L’écrivain poursuit son travail littéraire de façon originale en réécrivant ses romans. Ainsi, « Les Jours immobile » devient « Les Mains pleines d’oiseaux » et « La Fête à Paris » devient  « Quant la neige aura fondu ».

En 1995, il publie à titre d’auteur « dAmour et de silence » un livre d’art avec des poèmes inédits, extrait de son journal personnel et aquarelles.

Ses deux derniers libres sont publiés en 2002 « Gertal et autres nouvelles » (ensemble de 5 nouvelles inédites et des extraits de son journal tenu de 1946 à 2002, et « Le Soleil m’a dit » qui recueille l’ensemble de ses poèmes.

Il s’adonne aussi à la sculpture, à la peinture et à l’art de l’ikebana (dessin japonais).

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Joseph Zobel est décédé le 17 juin 2006 à l’hôpital d’Alès à l’âge de 91 ans.

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La reconnaissance

Joseph Zobel a reçu de nombreux prix et distinctions littéraires :

  • 1998     Chevalier de la Légion d’honneur
  • 2002     Grand Prix du Livre Insulaire, pour l’ensemble de son œuvre.

Les œuvres de Joseph ZOBEL sont étudiées dans tous les lycées du monde francophone comme témoignage d’une période révolue où l’exploitation et la misère ne suffisaient pas à effacer l’espoir d’un monde meilleur.

Sa voix, sur les ondes de Radio-Sénégal, a été écoutée par des milliers d’instituteurs d’Afrique de l’Ouest.

Le 14 avril 2000 en Martinique, le Lycée Polyvalent de Rivière-Salée est rebaptisé Lycée Joseph Zobel.

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Une rue à Rivière-Salée porte aussi son nom.

Ses œuvres

Romans:

  • Les Jours immobiles, roman antillais. Fort-de-France: Imprimerie officielle, 1946. Repris et publié sous le titre, Les Mains pleines d’oiseaux. Paris: Nouvelles Éditions Latines, 1978.
  • Diab’-là. Paris: Nouvelles Éditions Latines, 1947, 1975, 1989.
  • La Rue case-nègres. Paris: J. Froissart, 1950; Paris: Les Quatre Jeudis, 1955; Paris: Présence Africaine, 1974, 1983, 1984, 1997.
  • La Fête à Paris. Paris: La Table Ronde, 1953. Repris et publié sous le titre, Quand la neige aura fondu. Paris: Éditions Caribéennes, 1979.

        

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Nouvelles:

  • Laghia de la mort. Paris: Présence Africaine, 1978, 1996.
  • Le Soleil partagé. Paris: Présence Africaine, 1964, 1984.
  • Mas Badara. Paris: Nouvelles Éditions Latines, 1983.
  • Et si la mer n’était pas bleue. Paris: Éditions Caribbéennes, 1982.
  • Gertal et autres nouvelles, suivi de Journal, 1946-2002. Petit-Bourg: Ibis Rouge, 2002.

          

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Poésie:

  • Incantation pour un retour au pays natal, poèmes. Anduze (Gard): Imprimerie du Languedoc, 1964, 13 pp.
  • Poèmes de moi-même. Chez l’auteur, 1984.
  • Poèmes d’Amour et de Silence. Fréjus: Librairie Prosveta, 1994.
  • Le Soleil m’a dit. Œuvre poétique. Ibis Rouge, 2002.

Bandes dessinées:

  • 2015 Diab’la, adaptation du roman de Joseph Zobel par Roland Monpierre.
    Paris: Nouvelles Éditions Latines.
  • 2018, Rue Cases-Nègres, est adapté en bande dessinée par le scénariste Michel Bagoé et l’illustratrice Stéphanie Destin,
    Editions Présence africaine.

 

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Sources

https://tvfrancophonie.org/h264/235-joseph-zobel-le-soleil-d-ebene

http://zobel.potomitan.info/article5a.php

   

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