Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

7 avril 2021

Léon-Gontran DAMAS

(1912 – 1978)

Sommaire

Son enfance

Léon-Gontran DAMAS est né à Cayenne le 28 mars 1912. Son père guyanais Ernest DAMAS est compositeur de musique classique, sa mère Marie ALINE métisse amérindienne-africaine est martiniquaise. Léon-Gontran est issu d’une fratrie de 5 enfants dont il est le dernier. 

Métissé, il a des origines africaines, amérindiennes et européennes.

Il a quelques mois à peine lorsqu’il perd sa sœur jumelle, puis sa mère quelques mois plus tard en 1913. Suivra ensuite sa grand-mère Bathilde en 1914. Ces chocs successifs le privent de la parole jusqu’à l’âge de 6 ans.

Il sera alors élevé par sa tante Gabrielle Damas surnommée Man Gabi.

En 1924, après l’école primaire à Cayenne, il part en Martinique pour poursuivre ses études en 1924.

Ses études

Il continue ses études à Fort-de-France au lycée Schœlcher où, il fait connaissance avec Aimé CÉSAIRE.

En 1928, DAMAS poursuit ses études secondaires à Meaux. Il reste en France et se fixe en 1929 à Paris. Il a une scolarité brillante ce qui lui permet de poursuivre des études universitaires en droit puis des cours de langues, le russe, le japonais et le baoulé, à l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisations Orientales). Ses parents le prédestinaient à une carrière de notaire, il se lancera plutôt dans l’ethnologie.

Il fréquente également la faculté des Lettres et plus tard l’Institut d’Ethnologie de Paris. Où, il y prend son identité de nègre. 

Son arrivée à Paris

En parallèle, il fréquente activement le salon de littérature des sœurs NARDAL. Là, il rencontre de nombreux intellectuels tels que Sheik Anta DIOP et artistes noirs issus de tous horizons et participe dans cette émulsion intellectuelle à l’émergence du mouvement de la négritude aux côtés d’Aimé CÉSAIRE et Léopold Sédar SENGHOR.

Le mouvement de la négritude

Il fréquente Robert DESNOS auprès duquel il diffuse de la poésie noire-américaine, ainsi que Gilbert GRATIANT, l’haïtien Jacques ROUMAIN ou encore l’américain Langston HUHUES. Tout ce groupe représente la poésie noire présente à Paris

Témoin de discrimination raciale en France Hexagonale, il rejette le modèle assimilationniste de la colonisation tout en affirmant son identité noire. Cela déplait fortement à sa famille qui décide de lui couper les vivres. Il vivra de petits boulots jusqu’à ce qu’il puisse obtenir une bourse.

Il commence à écrire dans des revues parisiennes telles que « la revue du Monde noir » dans lequel il exprime sa douleur face au désastre que sont le racisme et le tabou des relations interraciales.

En 1935, DAMAS accepte la responsabilité de secrétaire de rédaction pour la revue « L’Étudiant noir ».

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En 1937, Il publie le premier ouvrage de la Négritude avec son recueil de poèmes « Pigments ». Il y adopte un ton direct, simple, voire incisif à l’égard du milieu familial bourgeois ainsi que de la société coloniale de son temps.

En 1938, il écrit son second ouvrage « retour de Guyane » complété par deux autres articles qui paraitront en aout et en octobre de la même année.

Son œuvre sera censurée aux prémices de la seconde guerre mondiale.

Il récidive en juin 1939 en écrivant « misère noire » puis « Temps nouveaux » sous le pseudonyme de Cabassou.

Là encore, il s’attire la colère de l’administration coloniale qui essaie de faire disparaitre les ouvrages. Il sera de nouveau censuré.

En 1939, Léon-Gontran s’engage activement dans la Résistance aux côtés de Jean-Louis BAGHIO’O et de Marguerite DURAS.

En 1943, il se retrouve arrêté par la Gestapo, mais il sera relâché rapidement. A l’issu du conflit mondial, il sera décoré pour ses actes de bravoure.

Carrière politique

En 1946, à l’instar de ses amis CÉSAIRE et Léopold SENGHOR, DAMAS s’engage en politique en participant au « Mouvement de la renaissance guyanaise » avec René JADFARD marquant son attachement au socialisme et ce, afin de contrer les idées assimilationnistes défendues par Gaston MONNERVILLE auquel il s’oppose farouchement.

En 1948, Il s’engage brièvement en politique en remplacement de René JADFAR décédé dans un accident d’avion. Il est élu député de Guyane et occupera cette fonction jusqu’en 1951. À ce titre, il présida la Commission d’enquête parlementaire chargée, en 1950, d’enquêter sur les incidents survenus en Côte-d’Ivoire et la répression coloniale : Rapport Damas, Journal Officiel, documents parlementaires.

Après sa brève carrière politique, Léon-Gontran DAMAS, qui a étudié l’ethnologie, devient chercheur et maitre de conférences à l’UNESCO de 1964 à 1969.

Maître de conférences

Léon-Gontran DAMAS s’engage pour la promotion de la culture noire, multipliant les voyages à travers l’Afrique, les Caraïbes et aux Etats-Unis au travers de conférences telles que « l’Âme noire et le surréalisme » ou « Le Vieux Monde ».

En 1964, il se rend au Brésil, où il rencontre sa deuxième femme, Marietta CAMPOS, qu’il épouse en 1967.

DAMAS est aussi le fondateur d’une collection « Écrits français d’outre-mer » aux Éditions Fasquelle à Paris. Il fut aussi l’un des rédacteurs de « Présence africaine » important périodique d’études noires.

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En 1970, Il décide de s’installer à Washington aux Etats-Unis.

Il enseigne la littérature à l’Université de Georgetown et continue de voyager dans tout le pays pour y donner des conférences.

Peu de temps après, DAMAS est nommé professeur à l’Université Howard à Washington D.C., « Distinguished Professor of African Literature », chaire qu’il occupera jusqu’à sa mort.

Il rencontre de nombreux auteurs afro-américains tels que Langston HUGUES ou Richard WRIGHT.

Il tombe malade et se voit diagnostiquer un cancer de la langue puis un cancer de la gorge. Il s’éteint le 22 janvier 1978 aux États-Unis. Son corps est rapatrié et enterré à Cayenne en Guyane.

Sur sa tombe à la conception moderne fabriquée par un artiste local, se trouve comme épitaphe son poème la torche de résine portée, poème exhortant à regarder vers l’avenir.

      

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Sources

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