Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

6 janvier 2022

1 COMMUNE / 1 HISTOIRE

SAINTE-ANNE (Gp)

L’origine du nom de la commune de Sainte-Anne est controversée. Selon la tradition, qu’il s’agirait de la mère de la Sainte-Vierge et épouse de Joachim.

Certains historiens pensent que la commune doit son nom à la Reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII et mère de Louis XIV.

La paroisse de Sainte-Anne est fondée à la fin du XVIIe siècle. Impossible de dater avec précision la seule certitude, c’est qu’en 1670, une chapelle du nom de Sainte-Anne-de-la-Grande-Terre est mentionnée à proximité du site où est implantée l’église actuelle.

L’existence de la paroisse en tant qu’entité juridique est attestée en 1691.

Fondée avec la création d’une chapelle consacrée à Sainte Anne la commune profite de son emplacement idéal pour rejoindre tous les autres lieux de Grande-Terre. Elle s’impose ainsi comme le lieu incontournable de l’île.

Au milieu du XVIIIème siècle, le bourg encore récent est le siège de la Sénéchaussée de Grande-Terre et de l’Amirauté instituée en 1742. Le port de Sainte-Anne devient alors le point de chargement principal pour les exportations de sucre et de rhum vers le vieux continent.

Perdant peu à peu de son importance au profit de la rivale Pointe-à-Pitre, la ville de Sainte-Anne disposait encore, au début du XXème siècle, de 34 sucreries.

En 1749, les Anglais attaquent le bourg et le laissent en flammes.

En 1759, pendant la guerre de Sept Ans, les Anglais occupèrent de nouveau la Guadeloupe. Sainte-Anne est pillée, brûlée, rasée. Seuls les Grands-Fonds encore isolés ne sont pas touchés. Tout est à reconstruire.

8 ans plus tard, la sénéchaussée est donc transférée à Pointe-à-Pitre, sans amoindrir pour cela l’importance économique de la commune, principal pôle commercial de l’île avec la Martinique.

En 1760, alors que les Anglais sont toujours présents dans le pays, un enfant voit le jour dans la paroisse. Il est le fils naturel de Pierre GUILLON, riche propriétaire terrien et d’une esclave appelée GUILLAUME. Comme il est le troisième enfant de cette femme, il sera nommé LETIERS. Par la suite, et par déformation de transmission orale, il deviendra LETHIERE.

LETHIERE est un grand peintre dont les œuvres les plus connues sont exposées dans des musées célèbres.

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Aux approches de la Révolution française de 1789, l’importance de la population servile favorise sans doute le climat de révolte qui agite la région.

Les 15 et 16 mai 1791, l’une des premières révoltes d’esclaves a lieu dans le bourg de Sainte-Anne.

Une brève période d’accalmie liée d’émancipation débute en 1794, année du débarquement de Victor Hugues, porteur du décret du 04 février 1794 de la convention, déclarant l’abolition de l’esclavage dans les colonies. C’est aussi l’année où commence la campagne militaire qui aboutit à la reconquête de l’île.

Avec l’esprit révolutionnaire de l’époque, Sainte-Anne change de nom et est rebaptisée «Fraternité», nom qu’elle conservera durant toute la période révolutionnaire.

Sainte-Anne terre de marronnage

Le rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802 génère aussi des évènements d’une extrême gravité dans toute la Guadeloupe et plus particulièrement dans la commune de Sainte-Anne, qui s’illustre avec courage dans l’insurrection et le marronnage.

Les cultivateurs d’une vingtaine d’habitations se révoltent.

Vers 1830, Sainte-Anne comptait au nombre des principaux quartiers producteurs de canne, de loin la première culture de la commune dont la vocation sucrière se confirmera jusqu’à la fin du XIXe siècle. En 1885, la commune dispose de la première superficie cannière de la Guadeloupe. Elle compte trente-quatre sucreries, dont trois dotées d’une usine à vapeur.

La vie politique

Jusqu’à la Monarchie de 1830, Sainte-Anne demeure une paroisse.

Le décret du 20 septembre 1837 institua les administrations municipales avec des élections au suffrage restreint. Seuls ceux qui paient le « cens », l’impôt électoral de l’époque (suffrage censitaire) et ceux qui ont des titres et des diplômes (suffrage capacitaire) ont le droit de vote. Ce régime électoral perdura même après l’abolition de l’esclavage de 1848.

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Le premier maire de Sainte-Anne fut Louis Nicolas Couppé de LAHONGRAIS, Commandant de quartier, originaire de Saint-Pierre (Martinique).

A partir de 1854, une administration communale toujours composée des mêmes notables est nommée. Le dénommé LE TERRIER D’EQUINVILLE sera nommé comme maire de la commune de Sainte-Anne.

Il faudra attendre 1871 pour un retour du suffrage universel mais toujours au profit des notables. Un usinier possédant la quasi-totalité des terres, le dénommé DUBOS est élu Maire de Sainte-Anne.

Avec la libération des esclaves et la réorganisation du travail, les revendications sociales se multiplient. Les grèves sont de plus en plus nombreuses et dures.

Malgré la montée en puissance d’une nouvelle catégorie sociale de couleur, les notables blancs imposent leur hégémonie à la tête des institutions.

C’est ainsi qu’Eugène GRAEVE est élu chef d’édilité de la municipalité de Sainte-Anne en 1925 et Député en 1934.

L’élection en 1935 de Maurice SATINEAU, natif de Baie-Mahault, comme Maire de Sainte-Anne marque l’hégémonie des notables blancs, DUBOS et GRAEVE qui dirigent la mairie depuis 1871.

Avec le régime de Vichy, le droit de vote disparaît et le conseil municipal est à nouveau nommé. C’est un riche commerçant de Pointe-à-Pitre, Maurice DUPLESSIS qui par un arrêté de SORIN est élu maire de Sainte-Anne.

En 1945, les choses redevenues normales, Maurice SATINEAU retrouve son fauteuil de maire pour dominer la vie politique de Sainte-Anne jusqu’à sa mort le 13 septembre 1960.

C’est son premier adjoint, Saint-Pierre PHIRMIS qui lui succède. Il cède ensuite son poste de maire à Albert LAZARD qui l’occupe de mars 1965 au 08 juillet 1970, date de son décès.

Hégésippe IBENE, alors premier adjoint au maire, fait fonction de maire pour terminer la mandature jusqu’en mars 1971. La conquête de la mairie de Sainte-Anne oppose alors les héritiers de SATINEAU devenus gaullistes, et les communistes guadeloupéens, représentés par Hégésippe IBENE. Il conserve ce poste jusqu’en en 1989. 

Marcellin LUBETH, son premier adjoint lui succède.

La victoire de Marlène CAPTANT sur Marcellin LUBETH en 2001 met fin à trente ans de direction communiste à Sainte-Anne. Frappée par une inéligibilité relative à son compte de campagne, Marlène CAPTANT doit abandonner la mairie de Sainte-Anne en décembre 2002. Elle sera remplacée par Alexandre BASTAREAUD l’un de ses adjoints.

L’instabilité politique qui s’ensuit, entraîne la démission de la majorité du conseil municipal.

Les élections municipales organisées en septembre 2003, sont remportées par la liste de Blaise ALDO, le maire de Sainte-Anne, réélu aux élections municipales de mars 2008.

En mars 2014, Christian BAPTISTE remporte les élections municipales et devient ainsi le maire actuel de Sainte-Anne.

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Comme toutes les communes de la Guadeloupe, Sainte-Anne subit de plein fouet, le tremblement de terre de 1843 et le cyclone de 1865. Les pertes seront considérables.

Durant première guerre mondiale, 60 Saintannais perdront la vie. Un monument est érigé à leur mémoire.

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L »église Sainte-Anne est l’œuvre d’Ali TUR, architecte des colonies. Détruite après le terrible cyclone de 1928, elle fut reconstruite en béton armé entre 1930 et 1935.

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Comme pour les cinq autres édifices religieux qu’il a dessinés en Guadeloupe, la façade conserve une symétrie rigoureuse tout en étant travaillée en volume, avec ornements et sculptures.

D’influence art déco, la nef donne une étonnante impression d’espace. Face à l’église, le presbytère, où se dégage un parfum « d’autrefois » avec son joli jardin de curé.

Sainte-Anne est aussi connu son Memorial du Neg Mawon.

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Ce memorial représente un nègre marron mutilé apparaissant comme un personnage valeureux ayant toujours la volonté de fuir sa condition servile.

Il fut inauguré à l’occasion du bicentenaire des événements de 1802 qui ont marqué la lutte contre le rétablissement de l’esclavage.

Cette œuvre a été réalisée par le Guadeloupéen Jocelyn PEZERON avec la collaboration des jeunes de Sainte-Anne.

PERSONNALITES LIEES A SAINTE-ANNE

Marius TRESOR  considéré comme l’un des meilleurs défenseurs français de l’histoire, 

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                                                           MOUNE DE RIVEL ambassadrice de la musique traditionnelle

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   William Gallas

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                                               Sergius GEOFFROY

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Dominique COCO

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                            Mickaël Pietrus, basketteur renommé et réputé.

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Corinne COMAN été élue Miss France 2003.

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              Hégésippe IBENE Député de la Guadeloupe et Maire de Sainte-Anne.

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Blaise ALDO : Député européen et Maire de Sainte-Anne.

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                         WeRE VaNa chanteur, auteur-compositeur

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MYSIE SADIK chanteur, auteur-compositeur

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                      Matt HOUSTON : auteur-compositeur et producteur de RnB.

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Sources :

Le patrimoine des communes de la Guadeloupe

Histoire des communes Antilles Guyane.

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