Felix ÉBOUÉ

Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

12 juin 2020

(1884 – 1944)

Felix ÉBOUÉ
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Sommaire

Biographie

Félix ÉBOUÉ est né le 26 décembre 1884 à Cayenne (Guyane française) dans une famille de cinq enfants. Son père Yves Urbain ÉBOUÉ, était orpailleur sur l’exploitation minière du Placers. Sa mère tenait une épicerie à Cayenne.

Après de brillantes études à Cayenne, il obtient en 1898 une bourse d’étude pour la métropole et entre en classe de troisième au lycée Montaigne de Bordeaux. Son baccalauréat de Lettres en poche, il va s’installer à Paris où il suit des études de droit.

Passionné par l’Afrique, il entre à l’Ecole Coloniale de Paris en 1906. Deux ans plus tard, il est nommé élève administrateur des colonies et désigné, à sa demande, pour servir en Afrique Équatoriale Française (AEF, actuelle République centrafricaine).

Arrivé à Brazzaville au début de l’année 1909, il insiste pour être affecté en Oubangui-Chari. Là, nommé administrateur adjoint des colonies, il passe deux années à Bouka suivies d’une autre à Bozoum, à la frontière camerounaise.

En 1912, il est chef de la subdivision de Demara puis, à partir de 1914, alors qu’il voit sa demande d’engagement dans l’Armée refusée, à Kouango près de Bangui.

Durant trois congés successifs, Félix ÉBOUÉ revient en Guyane retrouvant sa famille et ses amis et partage avec eux souvenirs et expériences africaines. C’est ainsi qu’il fait découvrir René MARAN, écrivain guyanais tout comme lui, adjoint des Affaires civiles qui reçoit en 1921, le prix Goncourt pour son roman Batouala.

Le 14 juin 1921, au cours d’un de ses congés en Guyane, Félix ÉBOUÉ épouse à Saint-Laurent-du-Maroni Eugénie TELL. Le couple aura deux enfants :

  1. Ginette, née le 1er mars 1922 à Paris et décédée en 1992, qui sera l’épouse de 1946 à 1956 au président sénégalais et poète Léopold Sédar SENGHOR.
  2. Charles Yves Joseph, né le 14 mai 1924 à Bangassou, en Oubangui-Chari (AEF), décédé le 27 décembre 2013 à Reims, est pilote d’avion en Égypte, dans la péninsule indochinoise et en Nouvelle-Calédonie.

Félix ÉBOUÉ a deux autres fils de précédentes unions, Henry et Robert, tous deux aussi militaires.

Son parcours militaire

En 1918, il est affecté à la circonscription de l’Ouaka puis à celle du Bas Mbomou en 1921. Il est à la même époque initiée à la Franc-Maçonnerie. En 1923, il est nommé chef de subdivision à Bangassou puis à nouveau à l’Ouaka en 1927. En 1928, il adhère à la ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Progressiste, Félix ÉBOUÉ se dépense sans compter durant les vingt années qu’il passe en Oubangui pour le territoire dont il a la charge, aidant au développement des cultures à la construction de routes et d’écoles, s’imprégnant de la culture et des traditions locales qu’il étudie en profondeur. Il écrit parallèlement plusieurs ouvrages sur le langage et les peuples d’Oubangui.

En 1930, il est promu au grade d’Administrateur en chef puis, en congé en France, il participe, en avril 1931, au Congrès International d’Ethnographie réuni à Paris à l’occasion de l’exposition coloniale.

En janvier 1932, Paul REYNAUD ministre des colonies le nomme secrétaire général auprès du gouvernement de la Martinique où, par deux fois, il assure l’intérim en l’absence du gouverneur.

Félix ÉBOUÉ est nommé secrétaire général en Martinique, de juillet 1933 à janvier 1934 pour remplacer le gouverneur titulaire parti en congé pour deux ans.

En avril 1934, il est affecté dans les mêmes fonctions au Soudan français ; dix mois plus tard, il y est nommé gouverneur intérimaire avant d’être rappelé en France en septembre 1936. A la demande de Maurice VIOLETTE, ministre des Colonies du gouvernement BLUM, Félix ÉBOUÉ accepte le poste de secrétaire général de la Guadeloupe où il est nommé aussitôt gouverneur intérimaire. C’est le premier noir à accéder à un grade aussi élevé. Arrivé à Pointe-à-Pitre en octobre 1936, il y trouve une agitation inquiétante qu’il réussit progressivement à calmer. Dans le même temps, aidé par une conjoncture économique favorable, il assainit en deux ans les finances publiques, déficitaires depuis plusieurs années et met en place les réformes sociales du Front populaire.

En juillet 1938, il est rappelé en France et nommé gouverneur de 2e classe au Tchad. Le 4 janvier 1939, Félix ÉBOUÉ rejoint Fort-Lamy et se lance dans des grands travaux de construction des infrastructures économiques et militaires, en prévision d’une guerre qui apparaît de plus en plus inévitable.

L’effondrement de juin 1940 et l’occupation de Paris stupéfient le gouverneur Éboué qui, refusant l’idée de l’armistice, câble dès le 29 juin, au gouverneur général BOISSON sa détermination à maintenir le Tchad dans la guerre. Félix ÉBOUÉ dont les convictions humanistes et républicaines sont aux antipodes des valeurs du gouvernement PÉTAIN se déclare partisan du Général de Gaulle et prend contact avec lui suite à son appel du 18 juin 1940 à la radio. La France libre est officiellement reconnue par les Britanniques depuis le 7 août et elle peut alors agir. Le 24 août, René PLEVEN et le commandant Colonna d’ORNANO envoyés du général de Gaulle parviennent à Fort-Lamy où ils sont accueillis chaleureusement par Félix ÉBOUÉ, le lieutenant-colonel Pierre MARCHAND commandant militaire du territoire et la population.

Le 26 août 1940, le Tchad rallie officiellement la France libre par décision unanime du gouverneur ÉBOUÉ et du commandant militaire donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi-totalité des territoires de l’AEF (Congo – Oubangui-Chari) et du Cameroun. Au début du mois d’octobre 1940, le général de Gaulle se rend à Fort-Lamy où il rencontre Félix ÉBOUÉ qu’il nomme, quelques jours plus tard, membre du Conseil de Défense de l’Empire et, le 12 novembre 1940, gouverneur général de l’Afrique Équatoriale Française.

En janvier 1941, il est décoré de la Croix de la Libération et nommé membre du Conseil de l’Ordre de la Libération. A la même époque, Félix ÉBOUÉ libère les chefs africains incarcérés par BOISSON et commence à définir les grandes lignes d’une nouvelle politique indigène en AEF qui devra s’appuyer sur les élites locales, maintenir et développer les structures sociales déjà existantes et améliorer les conditions de travail tout en favorisant le développement économique. Il soutient aussi en priorité la poussée des Forces Françaises Combattantes en Afrique du Nord.

En juillet 1942, sur sa proposition, le général de Gaulle signe trois décrets fixant le statut des notables, organisant les communes africaines et créant un office du travail. En septembre, il reçoit le général de Gaulle en inspection en AEF.

Du 30 janvier au 8 février 1944, il participe activement à la conférence de Brazzaville sur la question coloniale ouverte par le général de Gaulle et au cours de laquelle il voit dans leur ensemble ses théories reprises et adoptées. Le 16 février 1944, accablé de fatigue à la suite de la conférence, il quitte Brazzaville accompagné de son épouse et de sa fille pour un voyage au Soudan anglo-égyptien et en Egypte.

Au Caire, il parvient à apaiser les différends entre le Comité français de la Libération nationale (CFLN) et le premier ministre du roi d’Egypte Nahas PACHA. Au début du mois de mai, il donne au lycée français du Caire une conférence sur l’AEF « de Brazza à de Gaulle » lorsque, pris d’un malaise, il doit s’interrompre et s’aliter.

Une congestion pulmonaire se déclare et, le 17 mai 1944, Félix ÉBOUÉ rend son dernier souffle. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

Reconnaissance de tous

En 1946, Jacques SOUSTELLE, ministre de la France d’outre-mer, en présence de Madame ÉBOUÉ, de Gaston MONNERVILLE, de Gaston PALEWSKI représentant le général de Gaulle, inaugure, dans la cour d’honneur du ministère de la France d’outre-mer, une plaque commémorative en l’honneur de Félix ÉBOUÉ.

En 1947, le conseil municipal de la mairie de Paris décide de donner le nom de place Félix-Éboué à l’ancienne place Daumesnil.

Le 21 janvier 2012, un hommage est rendu lors de l’inauguration de l’aéroport international Félix-Éboué par le chanteur Tedjee à travers la chanson « Félix Éboué » coécrite par l’ancienne ministre de la Justice Christiane TAUBIRA et Tedjee.

Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Félix_Éboué
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/felix-eboue

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