Meryl,
l’artiste qui monte à pleine puissance
Artiste en pleine ascension, Meryl incarne une génération d’artistes antillais qui s’impose sur les grandes scènes tout en restant fidèle à ses racines culturelles. Née au Lamentin et élevée au Saint-Esprit, au cœur de la Martinique intérieure, elle construit depuis une dizaine d’années une trajectoire singulière, entre rap, musiques caribéennes et langue créole, sans jamais renier son territoire d’origine.
Une enfance martiniquaise
De son vrai nom Cindy Elismar, Meryl naît le 24 septembre 1995 au Lamentin. Elle grandit au Saint-Esprit, dans un environnement rural et familial où la musique occupe une place centrale.
Son père, mélomane averti, lui transmet très tôt le goût des sonorités caribéennes et afro-américaines : kompa haïtien, salsa, reggae, dancehall, bouyon, mais aussi musiques internationales.
Enfant, elle chante, imite, invente, s’improvise artiste dans le salon familial. Son père l’initie à une écoute attentive, lui apprenant à distinguer les instruments et les structures musicales. Cette formation informelle forge une oreille fine et une sensibilité mélodique qui deviendront l’un des piliers de son identité artistique.
Des coulisses de l’industrie à l’apprentissage du métier
Vers 2013, un tournant décisif s’opère lorsque son cousin, le rappeur Specta, découvre ses premières maquettes.
Il l’encourage à écrire davantage, à travailler son flow et à comprendre les mécanismes du studio. Meryl s’oriente alors vers la topline, un rôle souvent invisible mais essentiel dans la création musicale.
Elle collabore avec plusieurs producteurs et artistes, notamment au sein de l’entourage de Pyroman, producteur impliqué dans de grands succès du rap français.
Reconnue pour son sens aigu de la mélodie et son efficacité vocale, elle devient l’une des toplineuses les plus recherchées de sa génération, tout en restant volontairement dans l’ombre.
Premiers pas en solo et affirmation d’un univers
A partir de 2015, Meryl commence à s’affirmer sous son propre nom à travers des freestyles et des reprises diffusés en ligne.
Elle y mêle naturellement français et créole, chant et rap, influences urbaines et caribéennes. Sa voix souple, son écriture directe et son identité assumée attirent progressivement l’attention.
En 2020, elle franchit une étape majeure avec la sortie de la mixtape Jour avant Caviar.
Ce projet pose les bases de son univers artistique : une musique hybride, libre, où se croisent rap, trap, dancehall et pop urbaine. Des titres comme La brume, Coucou ou TCQDOF installent durablement son nom sur la scène francophone.
Ozoror et le retour affirmé aux racines caribéennes
En 2023, Meryl poursuit son ascension avec l’EP Ozoror.
Plus audacieux encore, ce projet explore frontalement les rythmes caribéens : kompa, dembow, shatta. Des morceaux comme Jack Sparrow ou Coca-Cola Mentos traduisent sa volonté de faire dialoguer les Antilles avec les musiques urbaines contemporaines, sans exotisme ni compromis.
De l’Atrium au Zénith, un cap symbolique
La même année, Meryl se produit pour la première fois en tête d’affiche à l’Atrium, à Fort-de-France.
Ce concert marque une reconnaissance forte sur sa terre natale.
Son premier album studio, Caviar I, est finalisé dans ce contexte d’effervescence.
En 2024, elle franchit un nouveau cap avec un concert au Zénith de Paris, symbole de son entrée parmi les artistes capables de remplir les grandes salles hexagonales.
Le jour de la sortie de l’album, elle dévoile le clip Dembow Martinica, entourée de plusieurs artistes antillais. Véritable manifeste artistique, le morceau affirme sa volonté de replacer la Martinique au centre du paysage urbain francophone.
Une artiste engagée et structurante
Au fil de son parcours, Meryl multiplie les collaborations avec la scène rap française et antillaise, tout en dénonçant les difficultés structurelles rencontrées par les artistes martiniquais.
En 2022, elle fonde son propre label, Caviar Maison, avec l’ambition de soutenir de nouveaux talents antillais et de valoriser des esthétiques souvent marginalisées.
Elle s’affirme également publiquement comme une artiste homosexuelle, revendiquant une liberté de ton et une esthétique qui ne se plient pas aux codes dominants.
Cette posture renforce son rôle de figure inspirante pour une jeunesse antillaise en quête de représentation.
Une figure emblématique d’une nouvelle génération
Au-delà des chiffres et des scènes, Meryl incarne aujourd’hui la preuve qu’il est possible de partir d’une petite commune de la Martinique et de s’imposer dans l’industrie musicale européenne sans renier sa langue, son identité ni sa culture.
De la toplineuse de l’ombre à l’artiste centrale d’une nouvelle génération caribéenne, son parcours s’inscrit déjà comme un repère dans l’histoire contemporaine des musiques antillaises.





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