Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

11 février 2021

MARYSE CONDE

(1937)

Son enfance

Maryse Liliane BOUCOLON est née le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Elle est la benjamine d’une fratrie de 8 enfants. Son père Auguste BOUCOLON, tout d’abord instituteur, se lance par la suite, avec quelques amis dans la finance. Il est à l’initiative de la création d’une petite banque, la Caisse Coopérative des Prêts qui deviendra plus tard, la Banque Antillaise.  

Sa mère Jeanne QUIDAL est l’une des premières enseignantes noires de sa génération ainsi que la première directrice noire de sa propre école de fille. La famille, originaire de l’ile de la Désirade, est installée à Pointe-à-Pitre.

En 1953, la jeune Maryse quitte la Guadeloupe afin de poursuivre des études à Paris au prestigieux lycée Fénelon, puis à la Sorbonne. Elle étudie l’anglais et obtient une licence ès lettres modernes.

En 1959, elle épouse Mamadou Condé, un comédien guinéen qui tenait le rôle d’Archibald dans la pièce de Jean Genet « les nègres ». Cette pièce qui est l’évènement phare de l’époque, crève la scène théâtrale parisienne.

Départ en Afrique

Elle part avec lui en Afrique. C’est le début de 12 années d’enseignement au cours desquelles, elle découvrira la Guinée,le Ghana, le Nigéria et le Sénégal, Ces expériences et découvertes multiples inspireront l’ensemble de ses œuvres littéraires.

En 1972, après 14 ans d’union, elle divorce de Mamadou Condé , elle continue cependant de séjourner en Afrique. Mais l’expérience est décevante, car elle est rejetée par les Africains qui ne la considère pas vraiment comme l’une des leurs. Elle ne parle aucune langue du pays et ne n’appartient à aucune ethnie…

Mère célibataire à la recherche de son identité sur le continent africain d’après l’indépendance, elle prend conscience que le concept de Négritude cher à Aimé Césaire n’est qu’un rêve ! Son roman autobiographique «la vie sans fard» est une analyse amère et réaliste de ses années passées en Afrique.

Son parcours

De retour à Paris avec ses 4 enfants, elle enseigne dans plusieurs universités parisiennes notamment Paris VI et travaille en parallèle pour la revue Présence Africaine. Elle s’occupe de l’organisation de colloques et de la rédaction d’articles, ce qui lui permet de rencontrer beaucoup de monde.

Sous la direction du professeur René Etiemble, Maryse Condé rédige une thèse de troisième cycle de littérature ayant pour objet les stéréotypes des Noirs dans la culture antillaise. Cette thématique sera d’ailleurs la rhétorique de plusieurs de ses romans.

Accompagnée de Guy Tyrolien, elle entame alors l’écriture de 2 pièces de théâtre. La première inspirée de scènes de vie antillaise « Dieu nous l’a donné » en 1972, l’autre traitant de la situation politique en Afrique « mort de d’Oluwémi d’Ajumako » en 1973.

En 1976, Maryse Condé écrit son premier roman « Heremakhonon ». Suivront par la suite « une saison à Rihata» en 1981 et « la Traversée de la mangrove » en 1989.  Ces romans sont inspirés de ses expériences en Afrique. 

Mais le roman qui la révèlera au grand public et qui lui amènera le succès reste incontestablement «Segou» édité en 1984. Rédigé en 2 volumes, ce roman historique retrace la chute du royaume Bambara de Ségou, à travers le destin de trois frères.

Traduit en 12 langues, il s’écoulera à 300.000 exemplaires !!

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En décembre 1977, suite à la diffusion de la série Racines» (Roots)  tirée de l’ouvrage d’Alex Haley , Maryse Condé participe à l’émission débat « les dossiers de l’écran » .

En 1981, elle épouse le britannique Richard Philcox. Il sera le traducteur en anglais de la plupart de ses futurs romans.

En 1985, elle obtient une bourse pour enseigner à l’occidental College de Los Angeles. Elle y revendique sa créolité et son statut de femme caribéenne mais elle se heurte au communautariste et est rejetée par les Afro-américains, n’ayant pas la même histoire et la même culture qu’eux…

En 1986, elle décide de rentrer en Guadeloupe et s’installe dans la commune de Petit-Bourg. Cette nouvelle vie sera une source d’inspiration pour d’autres romans tels « La Vie Scélérate» et «la traversée de la mangrove. Viendront ensuite «Moi Tituba, sorcière de Salem»qui sera récompensé.

Maryse Condé a aussi écrit de nombreux ouvrages pour la jeunesse.Ainsi qu’un roman en créole. Le décès de son grand ami Guy Tirolien, le 3 aout 1988, l’afflige énormément. Marié à sa sœur Pauline, elle ne manquera pas, dès qu’elle en a l’occasion, de souligner l’importance et la qualité de l’œuvre de ce grand poète, originaire de Marie-Galante

De 1995 à 2005, elle effectue plusieurs séjours aux Etats Unis en qualité de d’enseignante. Elle a occupé des postes à l’Université de Californie à Berkeley, à l’Université de

Virginie et à Harvard avant d’accepter de devenir professeure à l’Université de Columbia à New York City en 1995. Avant de prendre sa retraite de cette institution prestigieuse en 2004, Maryse Condé a été directrice de son Centre des Études Françaises et Francophones de 1997 à 2002.

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Ses actions

Maryse Condé est aussi désignée pour présider le Comité pour la mémoire de l’esclavage créé en janvier 2004 pour l’application de la loi Taubira. Ce comité œuvre pour que la traite et l’esclavage soit reconnus comme crimes contre l’humanité.

C’est sur sa proposition que le président Jacques Chirac fixera au 10 mai la Journée de commémoration de l’esclavage.  Cette journée sera célébrée pour la première fois en 2006.

En 2007, Maryse Condé décide, une nouvelle fois, de quitter la Guadeloupe afin de se rapprocher de ses enfants. D’abord à Paris, durant quelques années, son mari et elle finissent par s’installer en 2013, dans le petit village de Gorces (Vaucluse) où elle réside encore à ce jour.

La reconnaissance

Dès 1987 Maryse Condé est récompensée pour ses œuvres et reçoit de nombreux prix, honneurs et distinctions. Elle sera récompensée pour plusieurs de ses œuvres dont les principales sont Ségou (1985), Tituba, sorcière de Salem» qui remporte le grand prix de la Femme en 1986,

  • « La vie scélérate » écrit en 1987, qui remporte le prix de l’Académie Française en 1988,
  • Prix Puterbaugh pour l’ensemble de son œuvre en 1993
  • « Desirada » qui remporte le prix Carbet de la Caraïbe en1997, 
  • « Le cœur à rire et à pleurer», remporte le prix Marguerite Yourcenar en 1999.
  • « Victoire, des saveurs et des mots» remporte le prix Tropiques, en 2007

L’université de Columbia fera d’elle un professeur émérite.

Le 20 mars 2013, elle se voit décerner le Prix spécial de la Francophonie 2013 « pour sa contribution au rayonnement de la Francophonie à travers l’ensemble de ses œuvres ».

En 2015, le Cifordom a accolé le nom de Maryse Condé au prix littéraire FET ‘KAN
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A titre personnel Maryse Condé est aussi honorée à maintes reprises. Elle est successivement élevée au rang
  • Commandeur de l’ordre des Arts et Lettres en 2001,
  • Commandeur de l’ordre national du mérite en 2007
  • Grand officier de l’ordre national de la légion d’Honneur en 2014.
Mais la consécration suprême viendra avec l’obtention du prix Nobel Alternatif de la littérature en 2018. L’unique collège à la Désirade, berceau de sa famille, porte son nom depuis décembre 2012.

Affaiblie par la maladie de Parkinson, Maryse Condé annonce en 2015 qu’elle prend sa retraite. Elle sort pourtant un dernier ouvrage, Mets et merveilles», dans lequel elle dévoile sa passion pour la cuisine qui, pour elle, est quasi similaire au travail d’écriture !

           http://ile-en-ile.org/maryse-conde-a-voice-of-her-own/ https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/maryse-conde-14-une-voix-singuliere http://bit.ly/nobelmaryseconde

ARBRE GENEALOGIQUE

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BIBLIOGRAPHIE

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« Lorsque je reçois des invités pour la première fois, en disposant les mets sur la table, je hasarde une plaisanterie, toujours la même : “Vous allez aimer ! Je ne suis pas sûre d’être une bonne romancière mais je suis certaine d’être une cuisinière hors pair.” Personne ne rit jamais. C’est que dans leur for intérieur mes convives sont choqués : comment a-t-elle eu l’audace de rapprocher littérature et cuisine ? Le récit de mon crime de lèse-majesté est l’objet de ce livre.
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