Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

20 mai 2020

LEONA GABRIEL

(1766-802)

Sommaire

Son enfance

Fille aînée d’une famille aisée de 5 enfants, Léona GABRIEL est née le 5 janvier 1891 dans la commune de Rivière-Pilote au Sud de la Martinique. Elle passe son enfance sur l’habitation sucrerie ou travaille son père, un blanc créole. Elle est alors bercée par les chants des ouvriers de la canne à sucre.

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Léona est à peine âgée de 10 ans lorsqu’elle perd accidentellement son père dans une partie de pêche puis,  quelques mois plus tard sa mère qui meurt de chagrin.

Départ pour la Guyane

A l’âge de 14 ans, Léona suit une de ses tantes en Guyane avec ses trois autres sœurs, Auguste son frère s’oriente vers une carrière militaire. C’est aussi l’époque de la ruée vers l’or.

De 1908 à 1912, Léona GABRIEL participe à la vie musicale de Cayenne animée par son compatriote le clarinettiste Alexandre STELLIO.

À sa majorité, elle est engagée comme secrétaire à la Société LESSEPTE chargée de creuser le canal au Panama. Revenue quelques années plus tard à la Martinique, Léona GABRIEL séduit par son talent de chanteuse populaire. Elle chante sa Martinique, celle de Saint-Pierre qui renaît de ses cendres après l’éruption volcanique de 1902. Léona compose également de nouvelles biguines et mazurkas, qui deviendront de grands classiques du répertoire traditionnel, notamment le morceau célèbre «maladie d’amour» qui sera repris des années plus tard par Henri SALVADOR.

Elle émigre à Paris au début des années 20.

La vie parisienne

Sa beauté et sa jeunesse lui ouvrent les portes de la « jet set ». Elle fréquente le milieu artistique parisien et côtoie des personnalités tels qu’Edith PIAF et Henry LIMÉRY.

En 1925, elle rencontre Léo DANIDERF, auteur compositeur de variétés françaises qui la lance dans la chanson (passages à l’Olympia de 1926 à 1929) et qui est à l’origine de tous les arrangements et de tous les airs que chante Léona ; puis c’est le mariage. Elle prête aussi sa voix à d’autres orchestres, elle est de tous les galas et est applaudie dans les cabarets.

Séparée de son mari, quelques années plus tard, elle se rapproche des musiciens antillais et devient la chanteuse attitrée de l’orchestre de STELLIO avec qui elle parcourt la France avec des titres tels que la biguine « asi paré » ou la mazurka « soigné i ba moin ».

STELLIO s’approprie les deux titres. Ce comportement amène le musicographe Victor CORIDUN à interpeller la S.A.C.E.M. puisqu’en 1929 il avait transcrit la mazurka dans son recueil de « chansons créoles d’avant 1902 », par la suite, beaucoup d’autres enregistrements sont réalisés.

De mai à novembre 1931, Léona GABRIEL est la chanteuse de STELLIO à l’Exposition Coloniale du Bois de Vincennes.

Chez Odéon et Polydor, elle enregistre de nombreux disques puis en 1932, sous le pseudonyme de  « Mademoiselle ESTRELLA », avec le clarinettiste guadeloupéen d’origine guyanaise Alexandre KINDOU.

Elle est alors une figure du Montparnasse nocturne où sa voix gouailleuse se fait entendre dans les plus célèbres cabarets antillais : la Boule Blanche, le Tagada, l’Élan Noir, la Savane…

En 1935, elle se remarie avec Mr SOIME, un médecin militaire, qu’elle suit en mission au Sénégal. Durant 2 ans, elle anime les soirées dans le cercle très fermé des amis de son mari. Le couple a beaucoup de relations, ses prestations au sein du milieu métropolitain revêtent beaucoup de succès.

Retour au pays

Quelques années plus tard, le couple se sépare. Léona repart en Martinique en 1948. Très sollicitée, elle donne de nombreux récitals en Martinique et en Guadeloupe, anime l’émission de radio « Ça c’est la Martinique » aux côtés de grands musiciens tels que le tromboniste Archange St-HILAIRE ou le clarinettiste Hurard COPPET.

Elle meurt en 1971, à Fort-de-France, en laissant derrière elle des chansons créoles devenues de grands classiques.

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Extrait de l’arbre généalogique de Léona GABRIEL

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