Amiral Comte LOUIS HENRI de GUEYDON

Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

21 août 2021

Amiral Comte Louis Henri de GUEYDON

(1809 – 1886)

Le Comte Louis Henri de Gueydon est né à Grandville le 22 novembre 1809, mais sa famille est d’origine italienne.

Il est le fils de Henri Jean-François GUEYDON et de dame Jeanne Jacqueline Le COUPE.

Son parcours militaire 

En 1825, il intègre l’Ecole Navale et devient Enseigne de vaisseau en 1830 puis Lieutenant de vaisseau en 1835.

Il commanda LDunois dans l’escadre de BAUDIN qui fut envoyée au Mexique pour faire justice contre les exactions commises sur les commerçants français.

En 1840, il est Capitaine de frégate puis devient Capitaine de vaisseau en 1847.

En novembre 1851, il commanda le vaisseau Henri IV lors du bombardement de Salé.

C’est déjà un brillant Capitaine de vaisseau lorsqu’il arrive en 1853 en Martinique en tant que gouverneur. Il y restera jusqu’en 1856.

Contre-amiral depuis 1854, il fut Préfet maritime de Lorient, puis de Brest.

Vice-amiral en 1861, il commanda, sur l’Océanl’escadre du Nord qui participa aux opérations en mer du Nord pendant la guerre franco-allemande de 1870.

Son entrée en politique

De 1871 à 1872, il est nommé Gouverneur Général de l’Algérie et y laissera son empreinte comme réformateur de l’administration de la grande Kabylie. Il travaille sur la future constitution de l’Algérie.

Sur sa proposition, le Président de la République décrète le 16 octobre 1871, un nouveau mode d’attribution des terres, le Titre.  

Il préconise qu’on devienne propriétaire en Algérie en prenant l’engagement de résider durant neuf ans sur la terre concédée.

 Il rentrera en France en 1873 et fut mis en disponibilité.

En 1885, il se présente aux élections sénatoriales dans la Manche, sans succès, mais sera élu député de la Manche aux élections de novembre 1885.

Il meurt quelques mois plus tard, le 2 décembre 1886 au château de Kerlaran près de Landerneau dans le Finistère.

Après son décès en 1886,  son nom ne disparait pas pour autant.

La reconnaissance

En Algérie son nom est associé à de nombreux endroits ou sites, la ville de Port Gueydon, des rues, des places, à Oran un bassin du port porte aussi son nom, pour ne citer que ceux là.

Son nom  aussi donné fut donné dans la Marine de guerre à une classe de navires militaires , des navires de classe Gueydon, des croiseurs-cuirassés.

Un de ces bâtiment porta son nom. Construit à Lorient de 1897 à 1899, mis en service le 1er septembre 1903, il servit jusqu’en 1943.

Ses distinctions : 

  • Chevalier de la Légion d’Honneur le 28 avril 1841
  • Officier de la Légion d’Honneur le 7 septembre 1850
  • Commandeur de la Légion d’Honneur le 15 décembre 1851
  • Grand officier de la Légion d’Honneur le 31 décembre 1862
  • Médaille Militaire le 30 décembre 1862
  • Grand Croix de la Légion d’Honneur le 28 janvier 1871
  • Officier de l’Instruction Publique le 11 septembre 1872.

 

     

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L’ Amiral Gueydon et la Martinique

Au cours des 3 années passées à la Martinique de 1853 à 1856, le Comte de Gueydon a fortement contribué à améliorer les infrastructures de la capitale.

Considéré pour être un bâtisseur, il est  alors à l’initiative des fondements du grand hôpital de Saint-Pierre en 1856, de la construction de ponts, de l’empierrement des routes, de la réédification de chapelles.

Conscient de la position stratégique de Fort-de-France en tant que port de guerre et de commerce, Gueydon intervient fortement dans le projet de construction du bassin de Radoub. L’inauguration aura lieu en 1864.

Consi, 

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Il s’intéresse également au problème non résolu de l’approvisionnement de l’eau potable à Fort-de-France. Très rapidement il prend le projet à cœur la mission de construire un aqueduc qui emmènerait l’eau de Didier à la ville de Fort-de-France.

Le projet révolutionnaire conçu sous son impulsion par le Colonel Scheffler est mis en route. La réalisation se fera en 2 ans à peine.

La même équipe participera à l’aménagement quelques années plus tard de la route de la Trace.

Pour amener l’eau, il fallait détourner la rivière Case-navire, manipuler 40.000 m3 de terre, creuser un tunnel de 160 mètres sous le morne Pirogue et construire une canalisation de 3.500 m.

L’eau ainsi amenée se déverse alors ans un immense réservoir en forme de vasque dans une chute de 25 mètres de haut.

       

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La fontaine est inaugurée le 13 juillet 1856 par le gouverneur lui-même en présence du premier évêque de Saint-pierre et de Fort-de-France, Monseigneur Le Harpeur et du maire de Fort-de-France, Blaise Catel.

Le Conseil Général donne immédiatement le nom de Fontaine Gueydon à l’ouvrage qui domine la ville de Fort-de- France. Cet ouvrage est d’ailleurs classé au patrimoine des monuments historiques depuis 2009.

La veille de l’inauguration de la fontaine, le gouverneur avait aussi posé la première pierre de la stèle destinée à recevoir la statue de Joséphine de Beauharnais. La statue érigée à Paris par le sculpteur Vital Dubray se trouvait alors à Paris. Elle fut offerte à la Martinique par Napoléon en 1859.

Le nom de Gueydon est aujourd’hui associé à de nombreux édifices, rues, lotissements, hospices, écoles en Martinique.

Cependant, de l’avis d’Etienne Rufz de Lavison, maire de Saint-Pierre et Président du Conseil Général sous l’administration Gueydon, tout cela ne s’est pas fait dans le calme et la sérénité.

De nombreux travaux ont été rendus possibles par une pression persistante sur les ouvriers, avec le support  des maitres et planteurs souhaitant retrouver rapidement une main d’oeuvre opérationnelle au lendemain de l’abolition. Gueydon sera d’ailleurs à l’origine de la signature des contrats pour faire venir des travailleurs indiens, réputés pour être une main d’oeuvre docile et bon marché. 

 

Le 28 novembre 2018, dans le cadre du tournage d’un long métrage « Antan Lontan », le réalisateur Patrick Baucelin avec le concours des sapeurs-pompiers de Fort-de-France réussi le pari fou,  pour le temps d’une journée,  à redonner du souffle à la fontaine Gueydon.

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Un moment mémorable !!

Sources

Le Dictionnaire des Marins français

http://blog.manioc.org/2020/09/patrimoine-de-la-fontaine-gueydon-la.html

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