L’histoire de Saint-François est intimement lié à celle du monde agricole. En effet, la principale activité des populations de cette charmante commune française dans le département de la Guadeloupe était la culture du coton jusqu’au tout début du XIXe siècle. Au XXe siècle, la donne va changer. L’activité de Saint François va désormais tourner autour des plantations de canne à sucre et c’est le cas aujourd’hui. Toutefois, l’activité touristique devient de plus en intense à cause de la présence de certains monuments historiques et lieux touristiques. En effet, des milliers de touristes visitent chaque année des endroits tels que l’indigoterie, les cimetières traditionnels du bourg et des Raisins Clairs, les belles plages, le port de pêche. Ils peuvent aussi se rendre à la Chapelle de notre dame de la baie olive, le site archéologique des Caraïbes, la base nautique du Haut de Bourg, le grand site national classé de la Pointe des Châteaux, le marché nocturne du mardi soir sur l’avenue de l’Europe, le grand défilé carnavalesque nocturne du lundi gras etc.
HISTOIRE ET PATRIMOINE
Des fouilles archéologiques entreprises depuis 1995 à l’Anse à la Gourde ont confirmé la présence d’Amérindiens Arawaks de 300 à 1400 après J.C., avant la découverte de l’île, en 1493, par Christophe COLOMB, puis l’arrivée des premiers colons français en 1635. Nommée d’abord « Paroisse des Châteaux », la Paroisse de Saint-François existe depuis 1683, lorsque les Capucins la placèrent sous le patronage de Saint François d’Assise.
Ceci constitua le début du peuplement, dont on peut remarquer que le nombre d’habitants (4.570 au total en 1790), la taille des propriétés et la diversité des cultures étaient inférieures aux autres communes du voisinage. Il s’agissait de modestes colonisateurs blancs cultivant essentiellement le coton, mais employant un nombre élevé d’esclaves (4,3% de la population servile totale de la colonie).
L’existence de l’église de Saint-François dut remonter assez loin à en juger par une petite pierre encastrée à l’extérieur, vers le soleil couchant, sur laquelle on peut lire : « « I. II. 1750. » Le chanoine BALLIVET estime qu’il faut chercher là les initiales d’un maître-maçon qui travailla à la reconstruction de l’abside, car, Page 148 sur 210
dès la fin du XVIIe siècle, Saint-François eut son curé et son église, dont les Pères Capucins furent les seuls Missionnaires jusqu’en 1792. (18)
L’église Saint-François d’Assise dans la commune de Saint-François.
Dans les troubles de la Révolution Française, à l’époque de Victor HUGUES, dans le mouvement de la déchristianisation, la commune fut désignée un temps par le nom « Egalité ». Ce n’est qu’en 1801 qu’elle retrouva son nom précédent.
Pendant les hostilités qui suivirent entre la France napoléonienne et la Grande-Bretagne, Saint-François fut plusieurs fois au centre d’opérations militaires.
Le quartier cultivait principalement du coton, dans la région de la Pointe des Châteaux et de l’anse à la barque, c’était le manioc et le ricin et, dans les zones marécageuses de la zone est du bourg, du sel, d’où le nom de « salines » donné à ces zones lacustres envahies par la mer.
Le développement de la culture de la canne à sucre donna naissance, dès le début du XVIIIe siècle, à de grands domaines bénéficiant d’une main d’oeuvre d’esclaves et la vocation sucrière de la commune s’imposa. En 1820, le quartier compte en effet 36 manufactures à sucre et 41 moulins.
Les années précédant l’abolition de l’esclavage connurent une vague d’affranchissement et en 1835, 3 sucreries, 18 cotonnières et 8 vivrières étaient propriété des libres de Saint-François. Le décret du 20 septembre 1837 mit en place les premières institutions municipales, n’incluant pourtant pas encore les affranchis sur les listes électorales. Le premier maire est le sieur BELLOC.
En dépit de ces aléas politiques, s’affirme la vocation sucrière de la commune au détriment de celle du coton – avec en tête la plantation Sainte-Marthe, dont les propriétaires, la famille PAUVERT, sont intimement liées à la vie politique de la commune.
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- Les étapes de la Guadeloupe religieuse, Abbé GUILBAUD, page 95. Page 149 sur 210
La mairie de Saint-François.
Dans les années suivant l’abolition de l’esclavage, malgré l’instauration d’un système de récompenses et médailles pour garder les travailleurs sur les exploitations, se posa le problème de la main-d’oeuvre. On dut recourir, à partir de 1854, à la main-d’oeuvre étrangère. Ces immigrés, essentiellement en provenance de l’Inde, représentèrent bientôt 27% de la population de la commune. Le paysage rural de Saint-François s’orna d’ailleurs de multiples chapelles ou temples indiens où pour les cérémonies hindouistes.
Au début du 20ème siècle, Saint-François fut particulièrement touchée par les troubles sociaux et les mouvements de grèves, ce qui contribua grandement à l’élection, en 1910, des premiers députés socialistes guadeloupéens, LEGITIMUS et BOISNEUF.
La commune de Saint-François participa à l’effort de guerre lors du premier conflit mondial en fournissant un contingent de conscrits. Le Monument aux Morts du Bourg rend hommage aux 17 Saint-Franciscains qui y perdirent la vie.
Monument aux Morts de Saint-François. Page 150 sur 210
Saint-François fut la commune de Guadeloupe la plus durement touchée par le cyclone de 1928, avec 80 morts, 200 blessés et des dégâts très importants.
Le bourg et sa campagne furent à nouveau ravagés en 1989 par l’ouragan Hugo.
A partir des années 1930, l’hégémonie des familles de notables dans la vie politique sembla prendre fin. La mairie passa de la famille PAUVERT à Alexandre MACAL en 1929, date de l’apparition des premiers patronymes indiens dans la vie politique saint-franciscaine. Avec une interruption lors de la 2ème guerre mondiale, MACAL resta en place jusque dans les années 50, quand Lucien BERNIER prit sa succession. Il resta à la tête de la commune pendant plus d’un quart de siècle et remplit parallèlement les fonctions de Conseiller général, sénateur et président du Conseil général.
Elu maire en 1989, Ernest MOUTOUSSAMY engage des efforts pour le développement touristique de la commune, vocation grandement facilitée par la présence des sites naturels pittoresques, comme la Pointe des Châteaux.
Si la pêche et l’agriculture de maraîchage constituent des activités non négligeables, le tourisme est aujourd’hui la ressource principale. Casino, discothèques et les nombreux spectacles et concerts organisés au sein de la commune sont autant d’opportunités pour attirer les visiteurs.
La Marina de Saint-François s’est restructurée autour de la plaisance, le nouveau port de passagers constitue une véritable tête de pont vers les îles proches, l’activité maritime est complètement restructurée avec le nouvel aménagement du port de pêche.
Récemment ouvert au public, le Musée des Beaux-Arts, situé à la Marina, présente un panorama de la peinture du XVIe siècle à nos jours en privilégiant les artistes liés à la Guadeloupe.
La Marina de Saint-François Page 151 sur 210
Saint-François dispose d’infrastructures sportives bien réparties sur son territoire ainsi qu’un golf municipal dessiné par le célèbre architecte américain Robert TRENT-JONES, un aérodrome et un centre nautique.
Golf 18 trous de Saint-François de Guadeloupe
Un parcours de golf d’exception
Un « monument dédié à la mémoire des esclaves » fut inauguré le 27 mai 1998, date anniversaire du cent cinquantenaire de l’Abolition de l’Esclavage. Il met en scène des éléments constituant l’univers de la condition servile : la chaîne, le boulet et le tambour. La chaîne et le tambour rappellent les souffrances endurées. Sur le livre, sont mentionnés 6 mots : Afrique, Escale, Torture, Fouet, Nèg Mawon et Liberté. Le monument rend hommage à l’esprit de révolte des combattants de la liberté à tous ceux qui se sont rebellés et qui luttèrent pour leur liberté. On peut voir inscrit sur le livre les noms de DELGRES, IGNACE ou encore SOLITUDE.

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