César DURCIN
(1957–2016)
Percussionniste, artisan du son Kassav’
César Durcin est né le 9 mai 1957 à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
Très tôt attiré par le rythme, il s’oriente vers les percussions et se forge, au cours des années 1970, une solide réputation de musicien sérieux et appliqué au sein de plusieurs formations locales. Cette période de formation constitue le socle d’un parcours qui s’apprête à entrer dans l’histoire musicale antillaise.
L’aventure Kassav’ (1982–1995)
En 1982, César Durcin rejoint Kassav’, alors en pleine construction du zouk moderne. Percussionniste du groupe pendant plus d’une décennie, il participe activement à l’élaboration de cette pulsation caractéristique, nourrie de traditions guadeloupéennes, qui devient l’une des signatures du groupe.
De 1982 à 1995, il accompagne Kassav’ sur scène et en studio, prenant part aux tournées et enregistrements qui imposent le groupe sur les scènes caribéennes, européennes et africaines et au-delà ….
Derrière les figures les plus médiatisées, César Durcin incarne ces musiciens de l’ombre, indispensables à la densité et à la cohérence du son Kassav’.
Sur scène, son énergie, son sourire et sa précision marquent les esprits. Jacob Desvarieux le décrit comme un « percussionniste spectaculaire», soulignant autant ses qualités humaines que son jeu.
Transmission et influence
Au-delà de sa contribution musicale, César Durcin joue un rôle de passeur. Plusieurs musiciens guadeloupéens évoquent son sens du partage et son soutien aux plus jeunes. Le bassiste Frédéric Caracas rappelle notamment que leur collaboration sur le titre « Ayen pa mol » lui a permis d’intégrer par la suite le groupe Kassav’, illustrant le rôle structurant de Durcin dans les trajectoires artistiques autour du groupe.
Parcours personnel et projets
Au début des années 1990, tout en poursuivant l’aventure collective, César Durcin affirme sa personnalité artistique à travers des projets plus personnels. Il signe l’album Expérience, Outsider, qui met en lumière sa vision de la rythmique antillaise et son dialogue entre tradition caribéenne et modernité du zouk.
Parallèlement, il poursuit un travail régulier de musicien de studio et de scène auprès de nombreux artistes caribéens.
Sur le plan personnel, il est le père de deux enfants, auxquels il reste profondément attaché. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme simple, modeste et bienveillant, toujours prêt à transmettre et à rendre service.
Disparition et mémoire
César Durcin s’éteint le 11 février 2016, à l’âge de 58 ans, aux Abymes, des suites d’un accident vasculaire cérébral après son hospitalisation au CHU de Pointe-à-Pitre.
Sa disparition provoque une vive émotion en Guadeloupe et dans le monde de la musique antillaise. Une veillée en musique est organisée en son hommage, réunissant famille, amis, musiciens et admirateurs.
Dans la mémoire collective, César Durcin demeure l’un de ces percussionnistes essentiels dont le travail discret mais fondamental a contribué à façonner le paysage sonore du zouk et l’identité musicale des Antilles.





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