Les premiers colons se sont installés en 1635 à la Pointe Allègre dans des conditions catastrophiques. Après la disparition de DU PLESSIS, DE L’OLIVE, avec les débris de l’expédition, s’installa à Vieux-Fort, et surtout à Rivière Sence, pour progressivement prendre possession du bord de mer et apr_s de la campagne environnante.
Le gouverneur suivant, AUBERT, choisit la Rivière Sence comme lieu de résidence et entreprit la création d’une ville qui deviendrait plus tard Basse-Terre.
Rapidement, Rivière Sence devint le centre de la colonie. Quand Charles HOUËL arriva avec le titre de gouverneur, il se fit construire une maison fortifiée à Rivière Sence.
Avec l’installation des Hollandais venus du Brésil et sous l’impulsion du gouverneur HOUËL, plusieurs habitations-sucreries furent édifiées dans la région. Mais le recul de l’économie sucrière due notamment à une trop forte pluviométrie conduisit à partir des années 1720 à la mise en valeur des hauteurs par l’introduction du café et à une reconversion dans l’élevage.
Vers 1763 des cultivateurs européens acheminée de Guyane , défrichèrent les hauteurs du Matouba et y pratiquèrent les cultures vivrières. Plus tard, se développèrent le cacao et la vanille.
En 1766 la paroisse de Saint-Pierre du Matouba fut créée. Le lieu était propice à une végétation abondante et luxuriante d’où le nom de Matouba.
C’est à Matouba que se déroula l’un des hauts faits de l’histoire de la Guadeloupe.
En 1802, le commandant Louis DELGRES, avec quelques officiers et combattants noirs, s’insurgea pour défendre la liberté de son peuple. Ils périrent tous sur l’Habitation d’Anglemont.
L’économie du territoire prit de l’ampleur et la mise en valeur du territoire aboutit à la création de trois communes distinctes – Basse-Terre, Basse-Terre Extra Muros (devenu Saint-Claude) et Dos-d’Âne (devenu Gourbeyre) – par le décret colonial du 20 septembre 1837. Le premier maire de Basse-Terre Extra Muros, nommé par le gouverneur, est Urbain PETIT-MOUSTIER.
C’est au Matouba que furent édifiés la première église, le presbytère et le cimetière grâce à une donation, en 1842, de la famille Pelletier DE MONTERAN. La dédicace de l’église date du 10 mars 1844. En 1858, Mgr FORCADE, qui s’appelait Augustin, donna à Saint-Claude, pour patron, l’Evêque d’Hippone. Le clocher fut construit en 1868, et les cloches installées le 2 juin de l’année suivante. (16)
L’église est représentative du style architectural de l’époque, sa façade est néanmoins fortement inspirée des constructions religieuses d’Amérique du Sud.
En 1858, à l’initiative du Maire Louis François Albert SOUQUE et après délibération du Conseil Municipal du 15 juillet, la commune prit le nom de Saint-Claude, du nom du premier supérieur des Carmes de la Guadeloupe. Ce nom fut officialisé le 15 janvier 1859 par arrêté du Gouverneur. La mairie fut édifiée en 1860.
L’histoire de Saint-Claude est étroitement liée à celle du « Camp Jacob », initialement camp d’acclimatement à vocation militaire, puis hôpital, transféré, à l’initiative du Baron des ROTOURS, gouverneur entre 1826 et 1830, sur le Morne Saint-Claude en 1829. Le tissu urbain de Saint-Claude va prendre forme autour du camp.
Comme les autres communes de la Guadeloupe, Saint-Claude fournit son lot de conscrits lors la Première Guerre mondiale. Elle perdit 55 de ses fils dont le sacrifice est rappelé par le Monument aux Morts du bourg.
Les limites des communes de Basse-Terre et Saint-Claude posaient problème. Ainsi, par exemple, les habitants de la rivière des Pères, quand ils devaient se rendre au bureau des contributions ou à la mairie de leur commune, avaient un long parcours à effectuer et devaient traverser Basse-Terre pour se rendre à Saint-Claude.
La municipalité de Saint-Claude fut donc amenée, en complet accord avec celle de Basse-Terre, à envisager la fixation de nouvelles limites dans l’intérêt même des populations des 2 localités. C’est ainsi que, par décret du 16 octobre 1953, publié au Journal officiel du 21 octobre 1953, le Président du Conseil des ministres décida-t-il que « Les quartiers dits de la Rivière des Pères, Pintade, Thillac (hôpital Saint-Hyacinthe), Morne-à-Vaches, Desmarais, Guillard et Dellile … dépendant actuellement de la commune de Saint-Claude … sont rattachés à la commune de Basse-Terre. »
Réputée « ville de notables » depuis le début du XIXe siècle, station d’acclimatation au climat doux, Saint-Claude est connue pour la présence sur son sol d’établissements de santé pourvoyeurs d’emplois (clinique Les Nouvelles Eaux Vives, hôpital Monteran, etc.…), mais elle accueille aussi de nombreuses administrations et demeure lieu de villégiature.
Saint-Claude a su accroître son potentiel économique dans plusieurs secteurs. En plus d’une activité agricole encore importante, l’activité de la zone artisanale de Morin et la présence de sources (thermales et de consommation d’eau) sur son territoire, stimulent son économie. Mais son développement est aussi largement lié à son pôle universitaire puisque la ville accueille le campus universitaire du Camp Jacob, la « cité de la connaissance », comprenant un campus sanitaire et social, l’antenne régionale de l’École de la deuxième chance, un pôle des arts et des spectacles, l’université régionale des métiers de l’artisanat (URMA), l’institut consulaire régional de formation aux métiers de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme (IRHT) géré par la CCI de Basse-Terre et plusieurs autres établissements.
Ville du Volcan, bénéficiant de l’installation de nombreux gîtes blottis en pleine nature, offrant un éventail de possibilités en matière d’activités sportives, canyoning, randonnées, équitation, la ville s’est résolument engagée vers l’écotourisme. Elle organise chaque année le « Volcano Trail », manifestation sportive à vocation internationale, regroupant plusieurs épreuves de pleine nature chronométrée (trail) et non chronométrée à allure libre (randonnée sportive).
La Soufrière, point culminant des Petites Antilles à 1467 m, est le site le plus prestigieux du Parc national de la Guadeloupe. On y accède à partir de Saint-Claude notamment.
Son dôme ne présente pas de véritable cratère, mais des bouches éruptives, des gouffres et des entailles profondes. Volcan actif de type péléen, de formation relativement récente (environ 100 000 ans), son activité se manifeste par de nombreux dégagements de vapeurs, fumerolles, sources chaudes en différents points de ses flancs et de son dôme.
La vieille dame, comme on l’appelle familièrement, a connu quatre éruptions : une magmatique vers 1530, une phréatique d’importance en 1797, une phréatique mineure en 1956 et une phréatique en 1976. Page 146 sur 210
Les personnalités néees à Saint-Clude
– Joël BEAUGENDRE : Député de la Guadeloupe, président de la Communauté d’Agglomération Grand Sud Caraïbe et Maire de Capesterre Belle-Eau.
– Gilles FLORO : Chanteur, auteur, compositeur.
– Raymond GUILLIOD : Député de la Guadeloupe et Maire de Bouillante.
– Jocelyne LABYLLE : Chanteuse de zouk.
– Daniel MAXIMIN : Romancier, poète et essayiste.
– Lucette MICHAUX-CHEVRY : Ministre déléguée chargée de l’Action humanitaire et des Droits de l’homme, Secrétaire d’État chargée de la Francophonie, Sénatrice de la Guadeloupe, Députée de la Guadeloupe, Présidente du Conseil Régional de la Guadeloupe, Présidente du Conseil Général de la Guadeloupe, présidente de la Communauté d’Agglomération Grand Sud Caraïbe, Maire de Basse-Terre, Maire de Gourbeyre.
– Benjamin MOÏSE dit Benzo : conteur, chanteur, musicien.

0 commentaires