1 COMMUNE, 1 HISTOIRE /LE PRECHEUR

Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

29 octobre 2026

La commune du Prêcheur doit son nom à un rocher qui avait la forme d’un prédicateur en chaire. Ce rocher a hélas disparu lors de l »éruption de la Montagne Pelée.

Le Prêcheur a été l’une des plus anciennes paroisses de l’île. En effet, elle a été érigée en paroisse dans les années 1640, une église y est construite en 1644. Dans cette église officieront le Père du Tertre et le Père Labat.

A noter que cette église avait une cloche offerte par Louis XIV en 1712. Après l’éruption de la Montagne Pelée, il ne reste plus que le clocher de cette église, le plus ancien de la Martinique. Aujourd’hui il est classé Monument Historique aujourd’hui.

Les Indiens qui y vivaient sont rapidement chassés des lieux vers la zone Atlantique avant d’être définitivement chassés de l’île ou exterminés.

La paroisse du Prêcheur est petit à petit habitée et une sucrerie y est érigée en 1658.

Il faudra attendre 40 ans après l’érection de la commune en paroisse pour voir un bourg dans la commune soit en 1680.

Au 18ème siècle, il fallut rebâtir l’église et les difficultés techniques rendaient impossibles la construction des clochers en pierre au-dessus du chœur des églises.

En 1837 un décret colonial érige en communes une vingtaine de paroisses. Celles de Saint-Pierre et du Prêcheur seront réunies pour former la commune de Saint-Pierre. Deux ans plus tard, en 1839, le Prêcheur sera érigé en commune autonome.

Au 18ème et 19ème siècle, malgré la présence d’une sucrerie, le Prêcheur sera une commune ou les deux activités principales sont la pêche et l’agriculture. La production locale est alors acheminée à Saint-Pierre qui était alors la capitale de l’île. 

La ville du Prêcheur a été le lieu de vie de Françoise d’Aubigné, la marquise de Maintenon qui y a vécu de l’âge de 3 à 10 ans. Elle sera par la suite l’épouse de Louis XIV. D’après la légende, elle a gardé un attachement très fort pour le lieu de son enfance qu’elle aurait transmis à son époux Louis XIV qui décide ensuite d’intensifier la culture la culture de canne à sucre dans l’île. Elle serait revenue plusieurs fois dans la commune qui l’aurait marquée. 

Le premier à occuper la fonction de maire fut le sieur HUC – un blanc créole, dirigea la commune jusqu’en 1848. Doué d’une très forte personnalité, il va marquer de son empreinte l’histoire de notre pays : il fut en effet un des protagonistes du 22 mai 1848 qui aboutit à l’abolition de l’esclavage..

Le maire qui détient le record de longévité à la tête de la commune est Albert JOYAU, de 1946 jusqu’à son décès en 1987. 

En 1902, la commune du Prêcheur est durement touchée. Plusieurs édifices sont détruits. Les habitants quittent la commune pour les communes du centre. Il faudra attendre les années 1920 pour que la commune retrouve de l’attractivité. 

En 1930, sous l’égide d’Asthon Tardon l’église d’architecture byzantine et la mairie seront reconstruites.

La ville s’est repeuplée petit à petit après les années 1950.

Avec Saint-Pierre, le Prêcheur est la première zone d’occupation de la Martinique par les colons en 1635. Ce petit village regorge d’histoire, racontée par ses sites naturels et ses monuments.   

Une colonne érigée en 1875 rend hommage au gouverneur du Parquet, premier pilier de la colonie de 1635 à 1658.

L’église, maintes fois détruite, notamment par l’éruption de la montagne Pelée en 1902, a conservé son clocher carré du XVIIème siècle, construit à l’écart.

A voir aussi,  les trois cloches offertes par  l’épouse du roi Louis XIV, madame de Maintenon. Elle vécut au Prêcheur vers 1642,  avec sa mère et ses frères.  

Le Phare, majestueux du haut de ses  11,85 m et de ses 76 ans.

Si l’on en croit la légende le “ Tombeau des Caraïbes ” a été le théâtre  du suicide collectif des indiens Caraïbes….

A l’extrême Nord Ouest, le Prêcheur est la dernière commune sur la côte Caraïbe. C’est un village de pêcheurs dont le nom vient d’un rocher aujourd’hui disparu (lors de l’éruption de 1902) qui avait la forme d’un prédicateur en chaire. Dés le XVIIème siècle, le village bénéficia de l’activité de St Pierre et les anglais tentèrent plusieurs fois d’y débarquer notamment à Fonds Canonville en 1694. Érigée en paroisse en 1644, c’est l’une des plus ancienne de la Martinique. Trois personnalités y vécurent :  Du Parquet le premier gouverneur de la colonie, le père Du Tertre premier curé du Prêcheur qui écrivit l' »histoire générale des Antilles » et Françoise d’Aubigné, la marquise de Maintenon qui y vécut de l’age de 3 à 10 ans. Le Prêcheur est aussi connu pour ses nombreuses révoltes d’esclaves qui ont conduit le 22 mai 1848 à l’anticipation de l’abolition de l’Esclavage. Commune depuis 1839, Le Prêcheur qui a compté jusqu’à 4620 habitants avant l’éruption de

Le Prêcheur fut aussi le lieu d’événements tragiques à la veille de l’abolition de l’esclavage. Le 20 mai 1848, un géreur de l’habitation Duchamp (aujourd’hui Ste Philomène) , à St Pierre, avait interdit aux esclaves de battre le tambour: l’un d’entre eux, l’esclave Romain, passa outre cette interdiction; il fut conduit à la prison. Cette arrestation provoqua la colère de nombreux esclaves prévenus par le son des cornes de lambis et des tambours. Des groupes armés se formèrent, venant du Prêcheur, du Carbet et des environs de St Pierre. Romain fut libéré. Les esclaves du Prêcheur reprirent le chemin du retour, mais à l’entrée du bourg, ils tombèrent dans une embuscade tendue par un planteur aidé d’une soixantaine de marins. La fusillade fit 25 tués et plus de 50 blessés. Le 22 mai, la nouvelle se répandit à St Pierre. Il y eut alors une émeute, les esclaves mirent le feu à la maison Michaud, où s’étaient réfugié 32 blancs créoles (Békés) qui périrent carbonisés. Le gouverneur Rostoland se rendit dans la ville mais devant la détermination de la foule, il dut, le lendemain, signer le décret qui abolissait l’esclavage à la Martinique

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