Le Moule tient son nom mot « môle ». Ce terme veut dire jetée.
Entre le Ve et le IIIe siècle av. J.-C., le bord de mer était occupé par des populations Arawaks venues de l’Amérique du Sud via le delta de l’Orénoque.
Les colons français s’installèrent, vers 1635, sur la rive droite de la rivière d’Audouin, sur le site connu aujourd’hui comme l’Autre Bord.
En 1660, à la suite d’un accord conclu entre l’Espagne et la France, qui concédait la Guadeloupe à la France, les tribus caraïbes furent forcées au départ.
La bourgade fut ensuite déplacée sur la rive gauche de la rivière d’Audoin pour faciliter son développement et le commerce avec le reste de l’île et l’extérieur.
À l’époque, la bourgade était connue sous le nom de Portland, contraction de Port en français, et de Land, mot anglais qui veut dire terre ou région. Ce nom désigne aujourd’hui un lieu-dit de la commune.
Dans les années 1760, une batterie poudrière et un fort appelé « môle » sont construits pour assurer la protection du bourg. Par déformation, môle va donner Moule. Ce dernier nom restera à la future commune. Nous sommes dans la première moitié du XVIIIe siècle et les sucreries sont de plus en plus nombreuses.
En raison de son importance, le bourg du Moule fut une cible de choix pour la flotte anglaise durant toute la période des guerres napoléoniennes. L’année 1809 resta historique en raison de la bataille navale à l’entrée du port, opposant les Anglais aux Français.
Dès le 20 septembre 1828, la ville du Moule obtint l’autorisation d’exporter vers la France, sans passer par Pointe-à-Pitre, contribuant au succès économique de la ville. Au cours de ce siècle, les habitations se multiplièrent sur la commune du Moule, passant d’une trentaine à près d’une centaine d’habitations. Nombreuses vivaient en autosuffisance par la culture de la canne, du coton, du cacao, des épices et de l’agriculture vivrière, la production de sucre et rhum et la vente de ces produits
En 1823, le bourg du moule devient une commune. Jean MONNEROT qui fut nommé à la tête de la municipalité.
La commune subira le tremblement de terre de 1843 et le cyclone de 1865.
Entre 1847 et 1850, l’église Saint-Jean-Baptiste, de style néoclassique, fut construite en grès importé et calcaire dur dans le bourg
En 1848, l’abolition de l’esclavage fut décrétée.
Dans les années qui suivirent, de nombreuses faillites eurent lieu, l’économie locale s’effondra du fait de l’abolition de l’esclavage, de mauvaises récoltes et de la concurrence de la betterave à sucre en Europe. Les habitations fermèrent et furent abandonnées les unes après les autres. En 1901, il ne restait plus que quatre sucreries actives dans la commune du Moule, Duchassaing, Zévallos, Marly et Gardel. L’économie locale chuta et le Moule perdit sa prédominance portuaire, au profit de Pointe-à-Pitre
La mairie du Moule fut construite à partir du 28 octobre 1926 et officiellement inaugurée, le 26 juin 1927, par le maire Charles ROMANA et le gouverneur de la Guadeloupe, M. TELLIER.
L’église Saint-Jean-Baptiste fut restaurée en 1932.
En février 1952, eut lieu un mouvement social de grande ampleur.
Les revendications portaient sur la rémunération de la journée de travail, l’allègement des tâches dans les champs de canne et un meilleur prix de la tonne de canne.
En janvier 1952, les ouvriers et cultivateurs mobilisés trouvèrent le soutien des fonctionnaires qui réclamaient la revalorisation de leurs salaires.
Un appel à la grève générale illimitée fut lancée sur toutes les habitations-plantations
Durant la période révolutionnaire, beaucoup de propriétaires d’habitation émigrèrent pour se soustraire aux rigueurs de la proscription et virent leurs biens confisqués. Le 13 juillet 1794, alors qu’il vient de faire la reconquête de la moitié de la Guadeloupe, Victor Hugues « requiert la municipalité du Moule de faire séquestrer les biens et traiter en émigrés tous les lâches qui ont fui à Saint-Barthélemy […], les enjoint en outre de séquestrer les biens de tous ceux qui se sont enfuis ; et de les faire arrêter s’ils rentrent le tout sur sa responsabilité ». La décision concerne alors vingt-deux planteurs de la commune. (13)
Au XIXe siècle, étant l’unique port de la Guadeloupe orienté sur l’océan Atlantique, le Moule devint, au fil des années, le plus grand port commercial de Guadeloupe. L’ensemble de la production de rhum et de sucre de la Grande-Terre était embarqué au port du Moule et exporté vers la France. Le commerce florissant des produits de la canne à sucre était aussi complété par la vente de coton, de café, d’engrais, de charbon et de nombreux matériaux de construction. Des bâtiments de commerce furent construits dans la ville.
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En 1823, l’institution municipale fut expérimentée dans cinq villes : Basse-Terre, Pointe-à-Pitre, Le Moule, Grand-Bourg et Saint-Martin (Marigot). Au Moule, c’est Jean MONNEROT qui fut nommé à la tête de la municipalité. Lors des élections générales du 7 décembre 1837, Etienne SARGENTON fut élu.
En 1840, une autre batterie poudrière et un fortin furent construits, respectivement dans les quartiers Petite-Anse et Cadenet, afin d’assurer la défense maritime de la ville.
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- Émigration et gestion des plantations pendant la liberté générale en Guadeloupe (1794-1802), Frédéric REGENT, page 8. Page 105 sur 210
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L’église Saint Jean-Baptiste (photo d’époque).
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Tous les centres d’intérêts importants émigrant à Pointe-à-Pitre, la commune du Moule tomba peu à peu dans l’oubli.
Comme les autres communes de la Guadeloupe, le Moule fournit son lot de conscrits lors la Première Guerre mondiale. Elle perdit 63 de ses fils dont le sacrifice est rappelé par le Monument aux Morts du bourg.
Le cyclone de 1928, une catastrophe régionale de grande ampleur, fut le catalyseur des énergies nouvelles. La commune du Moule se releva rapidement, grâce à l’équipe municipale soudée autour de son maire, Charles ROMANA. C’est sous sa mandature que de nouvelles structures municipales virent le jour ou furent restaurées.
La mairie fut construite à partir du 28 octobre 1926 et officiellement inaugurée, le 26 juin 1927, par le maire Charles ROMANA et le gouverneur de la Guadeloupe, M. TELLIER. L’église Saint-Jean-Baptiste fut restaurée en 1932.
Hôtel de Ville du Moule. Au premier plan, le monument aux morts.
et les débrayages se multiplièrent. Le 11 février 1952, les CRS prirent position dans la ville du Moule. Le 14 février 1952, un barrage fut érigé à l’entrée du boulevard Rougé pour empêcher l’accès de l’usine Gardel aux charrettes à cannes. Les CRS qui occupaient la ville depuis trois jours tirèrent alors sur la foule. On releva quatre tués (Constance DULAC, Capitolin JUSTINIEN, Edouard DERNON et François SERDOT) et 14 blessés. Cette affaire resta dans les mémoires sous l’appellation de Massacre de la Saint-Valentin.
Le Moule, en dehors de son intérêt économique, est aussi une zone avec des atouts touristiques certains.
Construit sur l’emplacement d’un ancien camp militaire, le musée archéologique Edgar CLERC et le parc paysager de la Rosette ont été construits par l’architecte Jack Berthelot et inaugurés le 4 août 1984. Le musée abrite une collection permanente d’objets précolombiens, dont certains mis au jour sur le territoire de la commune. Certaines pièces exposées datent de plus de 500 ans avant J-C. Page 107 sur 210
Entrée du Musée Edgar Clerc.
La maison coloniale de Zévallos a été construite sur kit dans les ateliers de Gustave EIFFEL et transportée par bateau jusqu’au Moule. Ses plans sont identiques à sa « jumelle », la maison Saint-John-Perse à Pointe-à-Pitre. Elle a été classée aux monuments historiques en 1990.
La maison coloniale de Zévallos. Page 108 sur 210
La plage de l’anse Sainte-Marguerite et l’ancien cimetière d’esclaves. En 1995 et 1996, à la suite des cyclones Luis et Marilyn, des ossements sont mis au jour par les vagues. Des fouilles archéologiques mettront au jour 300 sépultures, mais selon les estimations, plus de 1 000 corps se trouveraient sous le sable. Les corps sont d’origine africaine et le site serait l’un des plus grands cimetières d’esclaves mis au jour dans le monde.
Pancarte à l’entrée du site.
PERSONNALITES NEES AU MOULE :
– Yvon ANZALA : Figure de proue du gwoka.
– Rosan GIRARD : Député de la Guadeloupe et Maire du Moule.
– Gabrielle LOUIS-CARABIN : Députée de la Guadeloupe et Maire du Moule.
– Clovis RENAISON : Sénateur de la Guadeloupe.

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