Édouard Desroses
De Sainte-Marie aux commandes d’un Boeing 707
Édouard Desroses a dix ans lorsqu’un hydravion aperçu dans la baie de La Trinité lui donne envie de voler. Né à Sainte-Marie, en Martinique, il se forme d’abord à la marine, puis à la navigation aérienne. Sa carrière le conduit des essais d’hydravions aux lignes africaines, avant de le ramener aux Antilles avec Air France.
Une vocation née dans la baie de La Trinité
Édouard Desroses naît le 8 décembre 1913 à Sainte-Marie. La notice de la commune retient un souvenir précis de son enfance. À dix ans, il aperçoit un hydravion dans la baie de La Trinité. La vue de l’appareil lui donne le désir de devenir aviateur.
Après avoir obtenu son certificat d’études, il part pour Brest et rejoint l’École des mousses en 1929, d’après le récit de Luc Lerandy publié par Belia Sainte-Marie. Il sort premier de sa promotion et obtient en 1930 un brevet de la marine marchande. La mer est ainsi le premier domaine dans lequel se forme le jeune Samaritain.
De l’École des mousses aux essais d’hydravions
Selon la même source, Desroses obtient son brevet d’aviation en 1933 et passe par l’école d’aviation d’Hourtin, en Gironde, où il se forme à la navigation aérienne. À bord, le navigateur aide l’équipage à établir la route, à suivre la position de l’appareil et à ajuster le cap. Ces compétences sont particulièrement importantes sur les longues traversées, loin des repères terrestres.
En 1934, il rejoint le Centre d’expérimentation pratique d’aviation de Saint-Raphaël. Belia Sainte-Marie le signale à bord de La Croix du Sud, un hydravion Latécoère 300, et lui attribue une participation à des essais sur ce type d’appareil. Pour Desroses, les hydravions qui avaient éveillé sa curiosité d’enfant deviennent des appareils sur lesquels il travaille.
Les premières années à l’Aéromaritime
En 1935, il entre à l’Aéromaritime et participe au développement de liaisons en Afrique francophone. Le récit de Luc Lerandy le situe sur la liaison entre Cotonou et Niamey dès cette année-là. L’Afrique occupe une place importante dans son parcours, entre les essais d’hydravions à Saint-Raphaël et les liaisons antillaises auxquelles son nom sera ensuite associé.
Le retour vers les Antilles
Après la Seconde Guerre mondiale, Desroses rejoint le Réseau des lignes aériennes françaises. Belia Sainte-Marie rapporte qu’il suit une formation à San Diego, en Californie, et participe à la réception d’un Catalina, un appareil amphibie destiné aux liaisons d’Air France. La même source le situe en décembre 1950 sur la ligne des Antilles à bord d’un Constellation. Ces deux appareils jalonnent le passage des hydravions aux avions de ligne dans son parcours.
La Ville de Sainte-Marie indique qu’il reçoit la médaille d’or de l’aéronautique en 1962. Elle associe aussi son nom à l’arrivée du premier Boeing 707 d’Air France sur la piste du Lamentin, le 16 décembre 1964. Ce jour-là, le parcours commencé sur les hydravions rejoint un autre moment de l’histoire aérienne de la Martinique, celui des avions à réaction.
La mémoire d’un aviateur samaritain
En décembre 2022, des plaques sont dévoilées sur la place des Aviateurs, près de l’aéroport Martinique Aimé Césaire, en hommage à Édouard Desroses et à Georges Raveneau. Pour Desroses, la plaque rappelle sur le lieu même de son retour aux Antilles une carrière dont le premier souvenir se situe quelques kilomètres plus au nord, dans la baie de La Trinité.
Chantal Charles-Alfred — Outremer Memory




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