Written by Chantal CHARLES-ALFRED

Chantal Charles-Alfred, est originaire du Morne-Rouge en Martinique. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été baignée lors des rencontres familiales par des anecdotes diverses sur les différents membres de la famille. Sa passion pour la généalogie est un héritage de son grand-père qui connut une vie remplie d’histoire et d’anecdotes.

7 novembre 2026

Édouard Desroses
De Sainte-Marie aux commandes d’un Boeing 707

Édouard Desroses a dix ans lorsqu’un hydravion aperçu dans la baie de La Trinité lui donne envie de voler. Né à Sainte-Marie, en Martinique, il se forme d’abord à la marine, puis à la navigation aérienne. Sa carrière le conduit des essais d’hydravions aux lignes africaines, avant de le ramener aux Antilles avec Air France.

Portrait d’Édouard Desroses
  • Facebook
  • Twitter
  • Gmail
  • LinkedIn
Édouard Desroses. Source de l’image : Belia Sainte-Marie, article de Luc Lerandy.

Une vocation née dans la baie de La Trinité

Édouard Desroses naît le 8 décembre 1913 à Sainte-Marie. La notice de la commune retient un souvenir précis de son enfance. À dix ans, il aperçoit un hydravion dans la baie de La Trinité. La vue de l’appareil lui donne le désir de devenir aviateur.

Après avoir obtenu son certificat d’études, il part pour Brest et rejoint l’École des mousses en 1929, d’après le récit de Luc Lerandy publié par Belia Sainte-Marie. Il sort premier de sa promotion et obtient en 1930 un brevet de la marine marchande. La mer est ainsi le premier domaine dans lequel se forme le jeune Samaritain.

De l’École des mousses aux essais d’hydravions

Selon la même source, Desroses obtient son brevet d’aviation en 1933 et passe par l’école d’aviation d’Hourtin, en Gironde, où il se forme à la navigation aérienne. À bord, le navigateur aide l’équipage à établir la route, à suivre la position de l’appareil et à ajuster le cap. Ces compétences sont particulièrement importantes sur les longues traversées, loin des repères terrestres.

En 1934, il rejoint le Centre d’expérimentation pratique d’aviation de Saint-Raphaël. Belia Sainte-Marie le signale à bord de La Croix du Sud, un hydravion Latécoère 300, et lui attribue une participation à des essais sur ce type d’appareil. Pour Desroses, les hydravions qui avaient éveillé sa curiosité d’enfant deviennent des appareils sur lesquels il travaille.

Les premières années à l’Aéromaritime

En 1935, il entre à l’Aéromaritime et participe au développement de liaisons en Afrique francophone. Le récit de Luc Lerandy le situe sur la liaison entre Cotonou et Niamey dès cette année-là. L’Afrique occupe une place importante dans son parcours, entre les essais d’hydravions à Saint-Raphaël et les liaisons antillaises auxquelles son nom sera ensuite associé.

Le retour vers les Antilles

Après la Seconde Guerre mondiale, Desroses rejoint le Réseau des lignes aériennes françaises. Belia Sainte-Marie rapporte qu’il suit une formation à San Diego, en Californie, et participe à la réception d’un Catalina, un appareil amphibie destiné aux liaisons d’Air France. La même source le situe en décembre 1950 sur la ligne des Antilles à bord d’un Constellation. Ces deux appareils jalonnent le passage des hydravions aux avions de ligne dans son parcours.

La Ville de Sainte-Marie indique qu’il reçoit la médaille d’or de l’aéronautique en 1962. Elle associe aussi son nom à l’arrivée du premier Boeing 707 d’Air France sur la piste du Lamentin, le 16 décembre 1964. Ce jour-là, le parcours commencé sur les hydravions rejoint un autre moment de l’histoire aérienne de la Martinique, celui des avions à réaction.

Document d’archive associé à l’arrivée du Boeing 707 au Lamentin
  • Facebook
  • Twitter
  • Gmail
  • LinkedIn

Document d’archive associé à l’arrivée du Boeing 707 au Lamentin le 16 décembre 1964. Source de l’image : Belia Sainte-Marie.

La mémoire d’un aviateur samaritain

En décembre 2022, des plaques sont dévoilées sur la place des Aviateurs, près de l’aéroport Martinique Aimé Césaire, en hommage à Édouard Desroses et à Georges Raveneau. Pour Desroses, la plaque rappelle sur le lieu même de son retour aux Antilles une carrière dont le premier souvenir se situe quelques kilomètres plus au nord, dans la baie de La Trinité.

Chantal Charles-Alfred — Outremer Memory

Sources

Vous pourriez aussi aimer…

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Partagez sur :

Partagez cet article avec vos amis!